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What's the fog ?
Fog, c’est mi-effrayant, mi-bien, mi-chiant… Ce qui nous donne donc trois moitiés, cette critique s’avère mal barrée. Premier quart du film et ça commence plutôt très bien, les vingt premières...
le 31 juil. 2013
Un vieux marin, des enfants assis en cercle, un feu de joie, et une sombre fable de navire maudit et de revenants, en attendant que retentisse minuit.
En arrière-plan, la mer, de nuit, comme une vaste et mouvante obscurité liquide, celle d'où surgiront d'inquiétants présages...
C'est le prologue d'une fiction dans la fiction, puisque ce récit de sombres vengeurs ne tardera pas à investir la réalité.
Comme le vieux marin, John Carpenter place le spectateur dans des dispositions idéales : éprouver le délicieux frisson de la peur devant son histoire de brouillard spectral surgi des flots en direction de la petite ville côtière d'Antonio Bay. Au fur et à mesure, l'on comprendra que les inquiétantes silhouettes qui vivent au sein de cette brume sont là pour régler une vieille dette avec la population locale au moment où est célébré le centenaire de la ville.
C’est aussi l’histoire du "péché originel" (la cupidité et le meurtre) sur lequel repose cette communauté, les peurs et les remords refoulés qui refont surface, comme une métaphore à petite échelle des Etats-Unis, construits eux aussi sur la spoliation et le vol.
Un récit archi-classique à la Edgar Allan Poe mis au "goût du jour" (celui du tout début des années '80) où Carpenter fait écho au thème des Pères fondateurs de l'Amérique, conférant de fortes connotations politiques à son histoire.
De beaux décors marins et côtiers qui apportent une touche particulière au film, une atmosphère nocturne envoûtante restituée par un directeur de la photographie au sommet de son art, quelques effets spéciaux très graphiques mais fugaces. Une bande originale évocatrice à base de nappes synthétiques menaçantes et obsédantes, célèbre marque de fabrique du réalisateur lui-même.
Le scénario partage avec celui d'"Halloween" (son film précédent), une même structure narrative en crescendo : la menace qui rôde dans les rues obscures de la ville termine son cheminement punitif dans l'espace confiné de l'église, où le huis-clos culmine dans une fin ouverte.
Les spectateurs qui ont grandi au temps de la VHS, époque où l'accès aux films de genre n'était pas chose aisée, vouent admiration et nostalgie pour ce film qui a marqué une génération de fans dont je fais partie.
Avantages du "progrès" : le "vieux" spectateur pourra se pâmer d'admiration devant la vivifiante restauration HD dont ont bénéficié les premiers films de Carpenter.
Bien qu'ayant vieilli et comportant de nombreux défauts, il s'agit d'un des films d'horreur cultes des années 80.
A voir pour : les deux premières séquences d'introduction (celle du marin et celle de la mystérieuse perturbation électromagnétique qui dérègle appareils électriques et moteurs) placent le spectateur dans l'ambiance ; bien que très artisanales, et situées dans leur contexte pré-images numériques, les séquences avec le brouillard restent étonnantes ; l'apparition menaçante dans l'église, des silhouettes noires aux yeux luminescents, parmi les volutes blanchâtres qui s'élèvent du sol.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films d'horreur des années 1980, Les meilleurs films de John Carpenter, Les films vus le plus de fois et Les meilleurs films de 1980
Créée
le 23 mars 2026
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