6
414 critiques
What's the fog ?
Fog, c’est mi-effrayant, mi-bien, mi-chiant… Ce qui nous donne donc trois moitiés, cette critique s’avère mal barrée. Premier quart du film et ça commence plutôt très bien, les vingt premières...
le 31 juil. 2013
Un de mes premiers traumatismes de jeunesse.
Fog a longtemps tenu la corde du film qui m'avait le plus flippé… sans l'avoir vu.
Une frayeur indescriptible par procuration.
Imaginez la (relative déception) le jour où, quelques années après, je le découvrais sur un écran domestique.
On le sait pourtant, les films que l'on imagine sont souvent bien plus puissants que ceux que l'ont voit.
Pour cette simple mais implacable leçon, je garde pour ce film de Carpenter une affection particulière. Une place dans mon cœur que les grands renforts de spots verts ou rouges sur des nappes fausse brume issue de machines à fumée n'auront pas totalement balayé a posteriori, sous un vent mauvais de lucidité.
La chose est arrivée de manière étrangement simple.
Pendant des vacances d'hiver, mon frère et un cousin décident d'aller voir le film en séance du soir, décrétant de manière arbitraire que j'étais trop jeune pour ce genre de spectacle et qu'il était de toutes façons trop tard pour moi pour les accompagner. Leur rappeler que j'avais vu (seul) Alien quelques mois auparavant n'est pas suffisant pour amoindrir leur pulsion de cruauté: ils iront sans moi. Mon frère est plus âgé de 6 ans, mon cousin de 4 ans, ce qui justifie pleinement à leur yeux cette punition vexatoire: malgré mes presque 12 ans, je ne peux pas les suivre.
Ils m'imaginent vierge d'horreur, et souhaitent me maintenir dans cet état traditionnellement et tristement fantasmé.
Leur retour du cinéma est rapide et tendu. La route qui revient du centre du village est un peu longue, tortueuse et très peu éclairé, ce qui leur laisse tout le temps d'alimenter une frayeur née pendant la séance. Ce n'est qu'allongés dans la chambre (que nous partageons dans ce petit appartement) qu'ils peuvent enfin débriefer les grands moments du film. Me croient-ils endormi, poussent-ils la perversité jusqu'à me faire encore plus regretter ma soirée solitaire ? Toujours est-il qu'ils se racontent les scènes les plus angoissantes du film avec des tremblements dans le voix et leurs frissons traversent les montants des lits, se diffusent à travers les matelas et infusent les draps qui nous séparent.
Réduit à son idée de départ, le film s'enfle d'une pureté que la faiblesse du scénario ou le manque de moyens de ses effets spéciaux ne lui permettaient pas. A travers le récit de mes bourreaux du soir, le brouillard se fait méphitique, et le mal transpire à travers les murs de la chambre.
Je suis alors certain que le smog Carpenterien s'est installé autour notre immeuble, et que les heures qui me restent à vivre se comptent avec celles de nuit, qui sera courte.
Une séance qui, au moins par son souvenir, surpasse de beaucoup tant d'autres qui devaient ensuite me décevoir.
Une ode à l'imagination.
Une définition flatteuse mais méritée, au fond, du cinéma de Carpenter.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes La peur, c'est comme le rire, c'est finalement assez personnel..., Un film de Jean Charpentier et Les films les plus traumatisants
Créée
le 17 déc. 2020
Critique lue 1.3K fois
6
414 critiques
Fog, c’est mi-effrayant, mi-bien, mi-chiant… Ce qui nous donne donc trois moitiés, cette critique s’avère mal barrée. Premier quart du film et ça commence plutôt très bien, les vingt premières...
le 31 juil. 2013
6
895 critiques
Un de mes premiers traumatismes de jeunesse. Fog a longtemps tenu la corde du film qui m'avait le plus flippé… sans l'avoir vu. Une frayeur indescriptible par procuration. Imaginez la (relative...
le 17 déc. 2020
9
21 critiques
Aussi, lorsque la nuit, ne dormant pas, / Ils s'agitent entre leurs draps, / Songeant qu'au alentours, de village en village, / Les brouillards blancs sont en voyage, / Voudraient-ils ouvrir la porte...
le 20 mars 2022
8
895 critiques
Tarantino est un cinéphile énigmatique. Considéré pour son amour du cinéma bis (ou de genre), le garçon se révèle être, au détours d'interviews dignes de ce nom, un véritable boulimique de tous les...
le 17 janv. 2013
9
895 critiques
Il n'est finalement pas étonnant que Tarantino ait demandé aux salles qui souhaitent diffuser son dernier film en avant-première des conditions que ses détracteurs pourraient considérer comme...
le 31 déc. 2015
4
895 critiques
Christopher navigue un peu seul, loin au-dessus d’une marée basse qui, en se retirant, laisse la grise grève exposer les carcasses de vieux crabes comme Michael Bay ou les étoiles de mers mortes de...
le 12 nov. 2014
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème