Voici un documentaire qui se veut artistique mais qui est long (1h44), avec de nombreuses scènes gratuites (glose sur les écorces de bouleaux, chevaux de trait filmés en long travelling latéral, images nocturnes, etc.) que certains qualifieront de poétiques ou sensorielles, mais qui a 2 mérites : d’une part, de montrer, de l’intérieur, l’expulsion, violente, en avril et mai 2018, des occupants de la Z.A.D. (Zone à Défendre, créée en 2009) de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) par les gendarmes et policiers, après l’arrêt du projet d’aéroport (sur décision du Premier ministre Edouard Philippe, le 17 janvier 2018), et d’autre part, de témoigner d’un gâchis, perdant-perdant : non construction de l’aéroport en remplacement de celui de Nantes, saturé et à l’origine de nuisances sonores pour les riverains, indemnités de dédommagement à verser au constructeur et exploitant Vinci, coût des forces de police pendant toute la durée de l’occupation, déni de démocratie en ne tenant pas compte du référendum (juin 2016) des habitants de Loire-Atlantique, favorable (à 55 %) au nouvel aéroport, destruction des bâtiments construits par les zadistes, rêvant d’un monde non capitaliste et vivant dans un lieu boueux et humide qui n’a rien d’exceptionnel [loin du site de Plogoff à la pointe du Raz (projet de centrale nucléaire abandonné en 1981) ou des marais salants de Guérande (projet de voie de contournement de La Baule en 1973), même s’il s’agit d’une zone humide (forêt de Rohanne, au nord de Vigneux-de-Bretagne) dont l’intérêt écologique en matière de faune (rare image de salamandre) et de flore aurait dû être plus souligné et documenté. Le film est certes subjectif mais surtout manque d’informations notamment sur la vie économique des zadistes.