Permettez-moi de vous avouer ma déception : j'attendais ce Frankenstein de Guillermo del Toro comme l'un des grand film en cette année 2025. Avec l'amour du réalisateur pour les monstres et son sens inné du macabre poétique, je m'imaginais déjà devant la meilleure adaptation de l'œuvre de Mary Shelley. Malheureusement, ce que j'ai vu à l'écran n'est qu'une coquille vide, un gâchis de potentiel qui m'a laissé froid et agacé. Ma note ? Un généreux 3 sur 10.
Une direction d'acteur en déroute (et une Créature mal comprise)
- Le problème commence, pour moi, avec la direction des acteurs. Oscar Isaac est un acteur que j'adore, mais son Victor Frankenstein est étrangement plat. Il manque de cette folie, de cette arrogance juvénile qui devrait animer le personnage. On a l'impression qu'il récite ses lignes avec une retenue forcée, incapable de transmettre la passion dévastatrice de son ambition.
- Quant à la Créature (Jacob Elordi), malgré les prothèses impressionnantes, son interprétation ne parvient jamais à être vraiment touchante et effrayante. J'ai surtout eu le sentiment qu'il s'agit d'une Créature bavarde et moralisatrice qui passe son temps à donner des leçons plutôt qu'à vivre son drame. Le personnage se contente ici d'un dialogue lourd, manquant cruellement de l'ambiguïté philosophique du roman.
L'esthétique au détriment du cœur (et des longueurs insupportables)
- Oui, c'est un film de Del Toro, donc c'est magnifique à regarder. Les décors gothiques, l'utilisation des couleurs et le design du laboratoire sont visuellement somptueux. Del Toro sait créer des images.
- Seulement, le fond a été sacrifié pour la forme. Le film s'étale sur une durée excessive (près de 2h30 ), se noyant dans des scènes contemplatives et des longueurs qui tuent toute immersion. L'émotion ne prend jamais. Au lieu de me sentir horrifié ou ému, je me suis ennuyé ferme. Le rythme est léthargique ; j'ai eu l'impression de regarder des tableaux d'art figés.
Un scénario qui rate son mythe (et des thèmes survolés)
- C'est là que la déception est la plus grande. Le scénario semble incapable de se concentrer sur les thématiques essentielles de l'œuvre de Mary Shelley.
L'Hubris et la science :
- Victor n'est pas un Prométhée moderne mais un savant fou générique. L'exploration éthique est expédiée.
Le rejet :
- La souffrance de la Créature, qui devrait être le cœur du film, est superficiellement traitée.
L'aspect Gothique :
- Pour un conte d'horreur gothique, il n'y a aucune tension véritable. Les scènes d'horreur sont étonnamment aseptisées pour Del Toro.
J'ai eu l'impression que le réalisateur était plus préoccupé par l'idée de rendre hommage aux vieilles versions du mythe que par celle de nous raconter une histoire palpitante et pertinente pour notre époque. Le final n'a généré chez moi qu'un soupir de soulagement : l'épreuve était terminée.
En conclusion : ce Frankenstein est un échec artistique majeur pour moi. C'est beau, mais c'est vide et ennuyeux. C'est une œuvre qui met la technique au service de la léthargie.