Comment ai-je pu en attendre autre chose?
Ah la la. Que d'abominations n'ont été commises au nom du roman de Mary Shelley. Il est, en effet, désolant de constater que l'alliance "littérature/cinéma" semble relever de l'impossible, une fois encore. Frankenstein version Del Toro semblait pourtant avoir été fait dans les meilleures conditions. Un thème en or pour un réalisateur au style marqué, une direction artistique et une production design somptueuse, ainsi qu'un casting au goût alléchant avec Oscar Isaac en Victor Frankenstein et Mia Goth en Elisabeth. Et pourtant...
Le film se perd, s'éparpille et se noie dans des partis-pris incompréhensibles vis-à-vis de son ambition de " fidélité" au texte. Les personnages riches et complexes du bouquin font place à des archétypes chers au cinéaste mexicain. Tout y passe, du père abusif à la demoiselle passionnée de lépilotères, sans oublier le savant "rockstar" de son temps, oscillant entre gesticulation excessive, cynisme décomplexé et froideur extrême, bien loin de l'âme tiraillée entre le fantôme de sa mère, son obsession scientifique et le besoin de contrôle si développés du roman. Aucune subtilité n'est de mise, et l'on en vient à s'interroger sur la nécessité de sortir le film aujourd'hui, voire de continuer à l'adapter étant donné son manque de nouveauté manifeste vis-à-vis d'une histoire sans cesse réinterprétée.
Alors oui, on pourra toujours se consoler par la présence d'un Jacob Elordy qui délivre une interprétation habitée, à défaut d'originale, du monstre.
Mais si on veut vraiment trouver une adaptation fidèle du livre, traitant des mêmes obsessions que le film en infiniment mieux, je ne peux que conseiller l'étonnament bonne série télé sortie en 2004.