Voir le film

Frankenstein — Del Toro a ressuscité le monstre, et il est plus humain que l’humanité

Del Toro crée la vie, et Netflix récolte le miracle


Guillermo del Toro, c’est un peu le Dr Frankenstein du cinéma : il bricole des morceaux de poésie, de terreur et de chair humaine pour créer un truc monstrueusement beau. Et cette fois, le mec a accouché de son chef-d’œuvre. Oui, le mot est fort, mais à la fin du film, j’étais à deux doigts de me faire tatouer une vis sur le cou. C’est gothique, c’est romantique, c’est morbide, et ça te prend par les tripes. Chaque plan est un tableau, chaque ombre une caresse, chaque goutte de pluie une symphonie macabre. Del Toro ne filme pas un monstre : il filme Dieu qui regarde son erreur avec des yeux humides.

Oscar Isaac en démiurge sous amphétamines, Jacob Elordi en créature christique


Oscar Isaac incarne un Frankenstein plus tourmenté qu’un curé devant une boîte de strip-tease. Il joue pas un savant fou, il joue un artiste qui veut toucher le divin et finit par cramer ses ailes comme un Icare en blouse blanche. En face, Jacob Elordi en monstre, c’est une claque cosmique. Ce mec, c’est la fusion entre Jésus, Gollum et le Joker en pleine dépression. Chaque regard te transperce, chaque mot pue la douleur existentielle. Et quand il pleure, toi t’as honte d’être né sans cicatrices. Del Toro en fait un martyr, une âme perdue dans un corps qu’il n’a jamais demandé. Le mec te fait relativiser ton acné d’ado.


Visuellement, c’est du baroque sous stéroïdes


Tu prends Le Labyrinthe de Pan, tu lui mets du LSD et du Shelley, et t’obtiens ce film. L’image est tellement belle que t’as envie de la bouffer. L’éclairage, la photo, la texture des décors… on dirait que Caravage et Lovecraft ont copulé dans une crypte. Les scènes de laboratoire sont d’un esthétisme biblique : tu sens presque la chaleur de l’électricité dans l’air. Del Toro ne fait pas du cinéma, il fait de la peinture animée. Chaque plan est un sermon. Même les vis sont sexy. Et pourtant, pas une seconde tu t’ennuies : tout est viscéral, organique, presque sensuel. C’est du gothique charnel, pas du cosplay moralisateur.


Mia Goth, la muse qui te donne envie de réciter le Rosaire


Mia Goth a ce regard de femme fatale sortie d’un rêve fiévreux de Victor Hugo. Elle dégage une tristesse mystique, un truc d’un autre monde. Son duo avec Isaac fonctionne à la perfection : lui veut jouer à Dieu, elle lui rappelle qu’il est juste un pauvre con d’homme. Leurs scènes ensemble sont d’une intensité folle, entre tendresse et désespoir. C’est Frankenstein version tragédie grecque : les dieux punissent l’orgueil, mais ils le font avec style. Et le style, chez Del Toro, c’est du sang, du bronze et des chandeliers.


Del Toro signe son manifeste sur l’humanité


Sous le monstre, Del Toro parle de nous. De notre arrogance, de notre refus de nos limites, de notre peur de mourir. Le film est une gifle à tous les apprentis dieux du monde moderne — ceux qui croient qu’un algorithme ou un bistouri peuvent les sauver de la condition humaine. Frankenstein, c’est nous tous : des narcissiques persuadés d’être supérieurs, mais incapables d’aimer ce qu’ils ont créé. Et Del Toro, dans sa tendresse morbide, nous dit : “Regardez-vous. Vous êtes la créature.” Putain, ça fait mal, mais c’est beau.


Conclusion : le monstre, c’est toi, et t’as jamais été aussi magnifique


Frankenstein version Del Toro, c’est pas juste une adaptation : c’est une résurrection. C’est la beauté de la faute, la poésie de la douleur, la majesté du désespoir. C’est du cinéma à l’ancienne, à l’époque où les réalisateurs avaient des tripes et pas des community managers. Le film te rappelle qu’être vivant, c’est souffrir, aimer, et parfois vouloir tout brûler. Bref, c’est de l’art. Du vrai. Et si Netflix avait une âme, elle remercierait Del Toro de lui en avoir prêté une pendant deux heures trente.


Plus de critiques sur https://www.instagram.com/oni_s_reviews/?hl=fr

onisreviews
10
Écrit par

Créée

le 12 nov. 2025

Critique lue 12 fois

Oni

Écrit par

Critique lue 12 fois

2

D'autres avis sur Frankenstein

Frankenstein

Frankenstein

3

Plume231

2379 critiques

Une création sans âme !

Dès les premières minutes, ça sonne faux et j’ai su tout de suite que ça n’allait pas le faire. Les décors alternent, sans la moindre harmonie, entre fonds verts criards, CGI dégueulasses — je...

le 8 nov. 2025

Frankenstein

Frankenstein

3

Moizi

2564 critiques

Surgelé Picard, le film

Petite sieste polie devant le trop long Frankenstein de Del Toro qui décidément ne me parle plus du tout depuis la forme de l'eau. On a un film qui est long, fade, sans subtilité aucune et qui passe...

le 16 nov. 2025

Frankenstein

Frankenstein

7

Kelemvor

760 critiques

L'éclat des chairs et des ombres

On pénètre dans cette nouvelle adaptation de Frankenstein comme on franchit un seuil ancien, nu et tremblant, attendu par des odeurs de métal et par le souffle d’un monde en réparation. Guillermo del...

le 8 nov. 2025

Du même critique

Le Roi des rois

Le Roi des rois

7

onisreviews

595 critiques

Le Roi des Rois — Jésus revient, et cette fois c’est en dessin animé

Charles Dickens balance la Bible à son gosse, version dessin animéImagine Charles Dickens, l’écrivain des orphelins et des mouflets qui bossent à la mine, en train de raconter la vie de Jésus à son...

le 12 nov. 2025

The Amateur

The Amateur

7

onisreviews

595 critiques

The Amateur — Jason Bourne sous Lexomil avec une carte mère dans le slip

La bande-annonce t’a menti, comme ton ex quand elle disait qu’elle t’aimaitAlors déjà, premier avertissement : si t’as maté la bande-annonce et que t’as vu Rami Malek fixer l’horizon avec un flingue...

le 16 avr. 2025

Freelance

Freelance

5

onisreviews

595 critiques

Freelance: Quand l'action devient une pause pipi

Cena, l'homme fort qui cherche son GPS comiqueJohn Cena, le colosse aux muscles saillants, tente de jongler entre le rire et les cascades dans "Freelance". Malheureusement, son sens de l'humour...

le 5 déc. 2023