Avec Frankenstein, le réalisateur — maître du fantastique élégant et baroque, déjà derrière La Forme de l’eau ou Le Labyrinthe de Pan — livre une adaptation visuellement somptueuse du roman de Mary Shelley. On retrouve immédiatement sa patte : des décors stylisés, presque oniriques, une ambiance crépusculaire soignée, et une créature dont la présence à l’écran est d’une fidélité impressionnante. Sur le plan esthétique, le film est un vrai plaisir.
Là où l’ensemble convainc un peu moins, c’est dans l’émotion. Malgré la richesse du matériau original, certaines relations — notamment celle avec la jeune fille — arrivent de manière forcée, comme un élément greffé sans véritable organicité. Ce manque d’intensité affective se ressent sur la durée, au point que le récit paraît parfois un peu long et moins immersif qu’il pourrait l’être.
Reste un film solide, cohérent et marqué par un style immédiatement reconnaissable. Si l’adaptation n’exploite pas pleinement toute la puissance tragique de l’œuvre de Shelley, elle n’en demeure pas moins une belle proposition visuelle, à découvrir pour les amateurs de fantastique poétique. À voir.