Le nouveau Will Smith movie détonne grave ! Sous la houlette du touche-à-tout Ang Lee (le choc Tigre & Dragon), nous y retrouvons la star de Men In Black dans un thriller d'action à tendance sci-fi où le meilleur tueur du monde se voit confronter à une version de lui jeune. L'acteur nous livre ainsi une double prestation honorable où les effets visuels à la pointe de la nouvelle technologie nous en met plein la vue. Et si on peut reprocher au scénario d'être en somme classique, notamment au niveau de rebondissements pour le moins téléphonés, il n'en demeure pas un moins un spectacle réjouissant du début à la fin...
J'aurai pu écrire ces lignes il y a vingt ans, lorsque notamment Nicolas Cage, Mel Gibson ou encore Clint Eastwood étaient pressentis devant la caméra. Gemini Man est un projet de longue date et ça se voit malheureusement à l'écran. Archétype du blockbuster des années 90 où Will Smith aurait largement pu être remplacé à l'époque par Jean-Claude Van Damme (ce qui sera fait) ou Arnold Schwarzenegger (pour lui aussi), le long-métrage nous ressert les mêmes séquences d'action vues et revues depuis des lustres, les mêmes enjeux, les mêmes personnages et presque les mêmes dialogues que n'importe quel blockbuster du genre.
Fait amusant ou plutôt matière à réflexion, Gemini Man est une œuvre sensiblement hybride : entièrement tourné en 3D 120 images par seconde, donc concrètement appréciable dans les cinémas diffusant ce format, le film s'avère être plus une démo technique (censément) révolutionnaire qu'un blockbuster épique ou une nouvelle réflexion sur les dangers du clonage ; un court-métrage à Disney ou Hollywood Studios aurait ainsi été plus approprié. Car au-delà de la dimension technique de son film et de quelques plans effectivement ouf, notamment sur les différentes mises au point et l'utilisation partiellement réussie du de-aging, Ang Lee livre un film quelconque, bateau, sans inventivité scénaristique ou visuelle, qui ne vaut pas un kopeck sur un écran dit "normal".
Au final, faussement méta, scénaristiquement paresseux et en aucun cas révolutionnaire pour le commun des mortels (disons que l'avancée technologique est louable mais pas encore clairement accessible), Gemini Man est au même titre que son personnage principal un long-métrage divisé, le cul entre deux chaises, l'une étant une volonté de proposer une immersion cinématographique novatrice, l'autre un retour dans le passé dispensable à la vue de toutes ces productions passées à la moulinette depuis des décennies. Mention spéciale à Will Smith toujours à l'affût du film qui relancera sa carrière mais qui, manque de bol à chaque fois, n'est jamais dans le bon projet.