GRAN TORINO

Gigantesque


N’en déplaise à la bien-pensance, au lobby LGBTQ+ qui, sous prétexte de morale, cherche littéralement à supprimer toute trace des personnes qui pensent différemment d’eux — on a pu le voir avec l’affaire J. K. Rowling, à qui les sectaires voudraient retirer tout droit de propriété sur Harry Potter pour avoir critiqué les trans —, c’est dire leur prétendue ouverture d’esprit.


Gran Torino prouve une chose : on peut être raciste, avoir des préjugés, être bougon, grincheux, mais être un homme bon. Ce qui compte, c’est ce que l’on montre dans nos actes, ça, c’est ce que l’on est vraiment, comme le disait Sirius Black. Et le personnage de Walt Kowalski, du génie Clint Eastwood, vétéran de la guerre de Corée, est l’exemple même du sacrifice et du don de soi. En dépit des apparences, Walt fait ce qui est juste, ce qui est bon. Il est tout à fait capable d’éprouver de l’empathie, du respect et de la bienveillance pour la communauté hmong qu’il méprisait au départ.


Walt est hanté par son passé militaire, par les actes cruels commis lors de la guerre, et pire encore — et cette phrase est magnifique — par les actes odieux qui ne lui ont pas été ordonnés. Avoir la médaille Silver Star pour avoir perpétré un massacre : voilà ce qui est pour lui l’ironie douce-amère.


Beaucoup diront que Gran Torino véhicule des clichés racistes, anti-asiatiques, insultants pour la communauté hmong.


C’est pourtant passer totalement à côté du message profond. Le film montre bien au contraire que l’amitié entre les communautés, les liens de l’esprit plus que ceux du sang, sont supérieurs à toute chose. Voilà pourquoi Walt donne sa Gran Torino, la chose la plus précieuse de sa vie, à Thao et non pas à sa petite-fille insolente et intéressée. Sa petite-fille était pourtant blanche. Un homme vraiment raciste n’aurait jamais donné la prunelle de ses yeux à un Asiatique.


Ainsi, le travail, le respect, la loyauté sont bien supérieurs à toute appartenance religieuse ou ethnique. Walt est un personnage diablement intéressant, car en totale repentance, protecteur en dépit de lui-même. Ce vieil Américain est d’une profondeur psychologique inégalée, tout ça grâce à un jeu parfaitement maîtrisé de ce géant du cinéma. Les expressions faciales de Clint, sa capacité à retranscrire les émotions prouvent qu’il est l’un des plus grands acteurs et des plus grands réalisateurs au monde.


Il faut également parler du père Janovich, formidable personnage incarné par Christopher Carley. Walt le considère d’abord comme un jeune prêtre inexpérimenté, presque naïf, qui prétend parler de la vie et de la mort alors qu’il n’a jamais connu les horreurs de la guerre. Pourtant, Janovich ne se démonte jamais face à cet homme impressionnant, colérique et sarcastique. Il revient constamment vers lui, tient tête à Walt et respecte jusqu’au bout la promesse faite à Dorothy, la femme de Walt, de veiller sur lui et de l’amener à se confesser.


Le père Janovich est admirable par sa persévérance. Il aurait toutes les raisons d’abandonner Walt, qui ne cesse de se moquer de lui et de remettre en question son expérience, mais il reste présent. Surtout, le personnage évolue lui aussi : au contact de Walt, il découvre une réalité de la vie, de la violence et de la mort qu’il ne connaissait jusque-là que de manière théorique. Et Walt finit progressivement par reconnaître la valeur et le courage de ce jeune prêtre qu’il méprisait au début. Leur relation devient alors l’une des plus belles relations du film : deux hommes que tout oppose, mais qui finissent par apprendre l’un de l’autre et par se respecter. Christopher Carley réussit parfaitement à tenir tête à l’immense Clint Eastwood sans jamais tomber dans le surjeu, avec beaucoup de simplicité et d’humanité.


Mention spéciale aux acteurs Bee Vang, le fameux Thao, et Ahney Her, tous deux de la communauté hmong, mis en avant dans ce film qui est pour moi la preuve éclatante que l’amitié est capable de détruire le racisme. Eastwood a tout prouvé, et après Gran Torino en 2008, le monde entier découvrait qu’il ne s’était pas contenté de Million Dollar Baby, également un chef-d’œuvre.


J’ai eu la chance de revoir Gran Torino au cinéma Pathé, sur grand écran : un moment immense.


Bien sûr, la dernière scène et le sacrifice avec le briquet marquent définitivement l’histoire du cinéma, tout comme le visage d’Eastwood ruisselant de pluie dans Sur la route de Madison a dû faire pleurer des millions de gens.


Johnny Depp, Joaquin Phoenix, Clint Eastwood : ces acteurs-là — et réalisateur, pour Eastwood, jusqu’à ses musiques qu’il compose lui-même — sont de véritables dieux du cinéma.

Sacha83
10
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il y a 4 jours

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