Comment pimenter un peu sa vie quand on est comme Cecil Fox un riche millionnaire désoeuvré dans un somptueux palais vénitien?
C'est après avoir vu, amusé et ravi, la représentation de Volpone donnée pour lui seul au théâtre de La Fenice que notre homme va se mettre en scène à l'instar du héros de Ben Johnson, convoquant à son chevet tel un mourant en sursis les trois femmes de sa vie.
Entre élégance et cruauté, sourires et fourberie, manipulation et vénalité, le ludique Fox entend bien se délecter de cet affrontement psychologique régi par l'avidité et l'hypocrisie.
Dans le rôle du maître de cérémonie William McFly un acteur au chômage, Cliff Robertson brillant et charmeur, va veiller au bon déroulement de cette tragi-comédie laquelle signe le triomphe du mensonge omniprésent dans les rapports humains, et souligne la lucidité d'un cinéaste sans illusions qui excelle dans ce jeu de faux-semblants avec ironie et cynisme.
Rex/Cecil meneur de jeu amoureux de danse, entre déboulés, jetés et sauts de biche nous offre une autre facette de son talent avec une suprême élégance, virevoltant, gracieux et joueur sous l'oeil amusé de Sarah, Maggie Smith vierge amoureuse et finaude qui a tout compris.
Une comédie amère et noire qui nous transporte dans une Venise grise et pluvieuse, la cité des masques parfaite pour ce jeu de la vérité et du mensonge.