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le 12 oct. 2025
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J’avoue être allé voir Hamnet avec une certaine inhibition, bien informé que le film de Chloé Zhao suscitait des réactions contradictoires. Par exemple, les critiques du Masque étaient particulièrement divisées... En fait, je pensais voir un film académique aux costumes ampoulés, avec une toile de fond historique (la vie de William Shakespeare) mais il n'en fut rien pendant 1h30, à tel point que je n'ai d'abord pas compris de quoi le film voulait me parler. C'est un soucis quand on ne comprend pas la thématique du film avant la dernière demi-heure.
Les 1ères images sont sublimes, un paysage campagnard anglais digne d'une toile ou d'un bon Disney, une sorcière (la jeune femme Agnès, énigmatique) et un précepteur / prof de latin (il s'avère être William) qui s'éprend d'elle. Bon. Pour le moment, le nom de Shakespeare n'est pas prononcé une seule fois ; et cela ne semble d'ailleurs pas le sujet de ce film. Pourtant, tout est "beau" : belle photo, beaux costumes, beaux acteurs. Les dialogues finaux ne peuvent être remis en cause car c'est quand même du Shakespeare dans le texte !
Je m'accroche et je me dis que je vais ressentir de l'émotion, on parle de faire le deuil d'un enfant tout de même. Mais non. La jeune femme Agnès a des pouvoirs de sorcellerie assez obscures. Elle arrive a comprendre "l'esprit de la forêt" et a anticiper tragiquement la mort de l'un de ses enfants. Du même coup, tout suspens est réduit a néant : dès le synopsis, nous savons qu'Hamnet va mourir. Je n'arrive pas à m'émouvoir de son atroce souffrance qui me semble durer des heures... alors que mes voisins sont en larmes...
Dès lors, je ne sais plus quoi faire de ce film : comme on dit "cela ne prend pas", je dois avoir un cœur de pierre ... j'ai par exemple du mal à comprendre la situation de cette mère : perdre un enfant au XVIe siècle était particulièrement fréquent et donc assimilé comme "normal". Au Moyen Âge et au-delà de la Renaissance, la mortalité infantile et enfantine est très élevée en Europe occidentale : selon les historiens, entre 1300 et 1550, 20% d'entre eux étaient morts avant l'âge de trois ans et 30% avant celui de dix ans.
Dès lors, j'ai été gêné de ne ressentir aucune empathie. Car je ne trouve pas de défaut majeur a cette œuvre de cinéma. Pourtant, rien ne fonctionne, tout sonne faux, tout est comme figé. Malgré des acteurs époustouflants (Jessie Buckley est réellement possédée) je ne retiens rien de ce film. William Shakespeare a écrit une œuvre par rapport à son fils décédé. C'est la thèse du film, et je me rends compte au bout de deux heures que cela ne m'intéresse pas !
Créée
le 16 févr. 2026
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