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Le film Nuremberg, c'est de l'histoire à la sauce hollywoodienne, mais justement cela reste intéressant de voir comment les Etats-Unis jugent leur propre rôle historique dans la fin de la seconde Guerre Mondiale, et le traitement des nazis (alors que les Américains arrivent tardivement, suite à l'attaque japonaise du 7 décembre 1941 contre Pearl Harbor). De ce point de vue, on pouvait s'attendre au pire, finalement le film ne se contente pas d’un récit manichéen. Il montre certaines ambiguïtés, notamment la difficulté des vainqueurs à imposer leur propre vision de la justice et de l’histoire.
À travers les débats du tribunal, le spectateur est amené à réfléchir sur la notion de responsabilité individuelle, sur l’obéissance aux ordres et sur la frontière parfois floue entre justice et vengeance politique. On aurait pu imaginer que le questionnement sur ce positionnement soit plus profond. J'aurai été aussi curieux de voir la position soviétique, qui ont libéré la plupart des camps, dont celui d'Auschwitz (27 janvier 1945)... Mais à Hollywood, on ne s'empêche de mettre en valeur la vengeance américaine, jusqu'à la pendaison, qui m'a personnellement rappelée celle de Saddam Hussein en 2006 (autre siècle, mais les mêmes méthodes). De quoi s'interroger sur une vertu morale irréprochable, alors que Churchill voulait juste fusiller les nazis, sans autre forme de procès !
Par ailleurs, il est vrai que cette œuvre est perçu comme un film scolaire, car il repose largement sur le dialogue avec le chef psychiatre (Douglas Kelley) à la prison de Nuremberg (personnage central et intéressant), les débats juridiques et un cadre historique précis, sans essayer de prendre le moindre risque. Il ne va pas très loin dans l'analyse de la banalité du mal, comme avait pu le faire Jonathan Glatzer par exemple. La morale du film est celle du "devoir de mémoire" et de ne pas oublier que les nazis étaient bien des humains... malgré leur atrocité. C'est donc un thème vu et revu, mais traité scolairement et efficacement. Le film permet de comprendre des enjeux moraux, politiques et juridiques de cette période, tout en rendant accessible au plus grand nombre, le sujet complexe de l'Holocauste.
Créée
le 9 févr. 2026
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