L'Amour, l'Oubli et la Bombe : Confession intime face aux cendres d'Hiroshima !

  • Je suis sorti de ce film d'Alain Resnais avec l'impression d'avoir vu une œuvre formellement stupéfiante, mais qui n'a pas réussi à me toucher complètement au niveau émotionnel. Le début est fascinant : cette scène d'ouverture, où l'on voit les corps des amants enlacés, couverts de sueur et peut-être de la cendre symbolique d'Hiroshima, est un choc. Le dialogue en voix-off, poétique et hypnotique, signé Marguerite Duras, pose immédiatement le thème central : la confrontation de la mémoire collective (Hiroshima) et de la mémoire personnelle (Nevers).
  • ​J'ai trouvé la façon dont le film entremêle les deux récits d'amour (celui avec l'architecte japonais et celui, douloureux, avec le soldat allemand) absolument géniale. Les flash-backs sont fluides, s'immiscent sans crier gare dans le présent, rendant le récit non linéaire et incroyablement moderne. Emmanuelle Riva est magnétique dans le rôle de cette Française. Ses silences, ses confessions murmurées... elle porte le film avec une grâce mélancolique.
  • ​Mais, et c'est là que le film perd un point ou deux pour moi, la nature très écrite et parfois emphatiquedes dialogues m'a parfois tenu à distance. C'est magnifique, lyrique, philosophique, mais par moments, j'ai eu l'impression que les personnages étaient des porte-paroles d'idées plutôt que des êtres de chair et de sang. La puissance des mots, notamment la fameuse réplique, "Tu n'as rien vu à Hiroshima," est indéniable, mais il y a une certaine froideur intellectuelle qui s'installe. Je n'ai pas pu m'identifier pleinement à leur passion ; j'ai surtout admiré sa représentation.

Conclusion

  • C'est un film qui repousse les limites du cinéma et de la narration. C'est une œuvre majeure sur l'indicible, l'amour comme tentative d'oubli, et la fatalité de la répétition. Je le reverrai sans doute, car c'est le genre de film qui grandit à chaque vision.
DirtyVal
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Les meilleurs films de 1959, Les meilleurs films des années 1950, Les meilleurs films en noir et blanc et Les meilleurs films d'Alain Resnais

Créée

le 15 nov. 2025

Critique lue 6 fois

DirtyVal

Écrit par

Critique lue 6 fois

1

D'autres avis sur Hiroshima mon amour

Hiroshima mon amour

Hiroshima mon amour

4

Jambalaya

498 critiques

Le Grand Sommeil...

Un jour l’Histoire reconnaîtra que la Nouvelle Vague française n’était, à peu de choses près, qu’une vaste fumisterie, une énorme supercherie, le canulard du siècle, fomentée par une insignifiante...

le 26 nov. 2013

Hiroshima mon amour

Hiroshima mon amour

4

Cinemaniaque

1320 critiques

Critique de Hiroshima mon amour par Cinemaniaque

Difficile d'être juste avec ce film : il faudrait pour pouvoir l'apprécier être dans le contexte socio-culturel de sa sortie, ce qui est impossible à reproduire aujourd'hui. Je distingue relativement...

le 4 juin 2011

Hiroshima mon amour

Hiroshima mon amour

8

eloch

417 critiques

"C'était mon premier amour tu comprends "

Il y a des films qui se savourent à la lueur de leurs visionnages et de l'impact qu'ils ont dans une vie, "Hiroshima mon amour" est pour moi de ceux là. Un film d'abord rebutant parce que je suis...

le 2 mai 2013

Du même critique

Stranger Things

Stranger Things

6

DirtyVal

1150 critiques

De l'âge d'or au naufrage, la fin d'un mythe sans courage.

J'attribue finalement un 6/10. Cette note reflète l'excellence de ses débuts, que j'ai adorés, et la difficulté qu'elle a eue à maintenir cette qualité au fil des années. C'est une série culte, mais...

le 1 janv. 2026

A House of Dynamite

A House of Dynamite

1

DirtyVal

1150 critiques

Un Gâchis Dégoupillé : Le thriller sans fin qui tourne en rond et nous prend pour des idiots.

A House of Dynamite, malgré les attentes placées dans sa réalisatrice Kathryn Bigelow, est un échec retentissant. Sous l'emballage d'un thriller urgent sur la crise nucléaire, ce film est une œuvre...

le 26 oct. 2025

Hurlevent

Hurlevent

3

DirtyVal

1150 critiques

Une lande de papier glacé où la peur s'est éteinte !

​Il y a des œuvres dont la rugosité constitue l'ADN même. En s’attaquant au chef-d’œuvre d'Emily Brontë, Emerald Fennell promettait une relecture audacieuse. Pourtant, le constat est sans appel :...

le 13 févr. 2026