Il serait facile de se contenter du résumé de Hokum pour tout de suite le caractériser et le ranger dans la case "maison hantée".
Mais ce serait ignorer qu'il s'impose comme une terre d'hybridation et de contrastes.
Car dès les premières images, une foule de sensations arrive.
Les plus évidentes seront sans doute des réminiscences du genre "folk horror" qui inondent immédiatement l'écran, avant que Damian McCarthy évacuent malheureusement un peu vite, dès lors qu'il y a fort à deviner, hors-champ, un terreau pourtant fertile qui se dérobe au spectateur et ne revient que par quelques à-coups.
Pour mieux installer Hokum dans une sorte de mélange. En effet, il doit beaucoup au boss du Maine, tellement cet hôtel perdu en fin de saison d'exploitation pourra convoquer le souvenir de Shining, par ses obsessions thématiques, sa galerie de portraits de seconds rôles, tout comme son écrivain en panne d'inspiration et porté sur l'alcool.
Puis dans une exploration de son quasi huis-clos façon Chambre 1408 pour immédiatement, emprunter les gimmicks propre au jeu vidéo de Shinji Mikami, Resident Evil, séquence de véritable énigme et multiples ouvertures de porte à l'appui.
Et même si Hokum n'invente absolument rien, l'ambiance tendue alimentée par Damian McCarthy est des plus délicieuses et anxiogènes, ludique dans son approche et menaçante dans les pas de son personnage principal s'enfonçant tant dans l'exploration de cette chambre nuptiale maudite que dans celle de ses souvenirs d'enfance.
Il n'y aura qu'une seule scène de retour d'un personnage clé, des plus artificielles, pour venir non pas rompre totalement le charme de l'entreprise, mais sortir du film pour un instant, pour que l'on interroge celle-ci dans sa fonction soulignée au stabylo comme une maladresse. Le reste, c'est une oeuvre qui tient sa promesse horrifique et son sentiment de malaise.
Tout en déstabilisant son anti héros tout comme son spectateur : car McCarthy semble prendre goût à inscrire les racines de son surnaturel dans des éléments bien réels, voire terre-à-terre, afin de brouiller les pistes et de mettre à l'épreuve le scepticisme des deux côtés de l'écran.
Car McCarthy ose enfin mettre en scène un odieux connard comme véhicule de son oeuvre, testant les limites de l'attachement et de l'identification de son public. Et le pire, c'est que ça marche. Ou en tout cas, cela a marché sur le masqué, qui a tremblé avec Adam Scott, qui a frissonné en plus d'une occasion face à ce qu'il affronte, qui s'est investi dans l'histoire à faire peur que Damian McCarthy lui a racontée, baignant dans les angles morts, la décrépitude vintage inquiétante et les faibles éclairages vacillants.
De quoi être tenté de coucher dehors, si vous voulez mon avis...
Behind_the_Mask, qui ne va pas se plaindre de la qualité du room sévice.