Hokum
6.2
Hokum

Film de Damian McCarthy (2026)

Il serait facile de se contenter du résumé de Hokum pour tout de suite le caractériser et le ranger dans la case "maison hantée".


Mais ce serait ignorer qu'il s'impose comme une terre d'hybridation et de contrastes.


Car dès les premières images, une foule de sensations arrive.


Les plus évidentes seront sans doute des réminiscences du genre "folk horror" qui inondent immédiatement l'écran, avant que Damian McCarthy évacuent malheureusement un peu vite, dès lors qu'il y a fort à deviner, hors-champ, un terreau pourtant fertile qui se dérobe au spectateur et ne revient que par quelques à-coups.


Pour mieux installer Hokum dans une sorte de mélange. En effet, il doit beaucoup au boss du Maine, tellement cet hôtel perdu en fin de saison d'exploitation pourra convoquer le souvenir de Shining, par ses obsessions thématiques, sa galerie de portraits de seconds rôles, tout comme son écrivain en panne d'inspiration et porté sur l'alcool.


Puis dans une exploration de son quasi huis-clos façon Chambre 1408 pour immédiatement, emprunter les gimmicks propre au jeu vidéo de Shinji Mikami, Resident Evil, séquence de véritable énigme et multiples ouvertures de porte à l'appui.


Et même si Hokum n'invente absolument rien, l'ambiance tendue alimentée par Damian McCarthy est des plus délicieuses et anxiogènes, ludique dans son approche et menaçante dans les pas de son personnage principal s'enfonçant tant dans l'exploration de cette chambre nuptiale maudite que dans celle de ses souvenirs d'enfance.


Il n'y aura qu'une seule scène de retour d'un personnage clé, des plus artificielles, pour venir non pas rompre totalement le charme de l'entreprise, mais sortir du film pour un instant, pour que l'on interroge celle-ci dans sa fonction soulignée au stabylo comme une maladresse. Le reste, c'est une oeuvre qui tient sa promesse horrifique et son sentiment de malaise.


Tout en déstabilisant son anti héros tout comme son spectateur : car McCarthy semble prendre goût à inscrire les racines de son surnaturel dans des éléments bien réels, voire terre-à-terre, afin de brouiller les pistes et de mettre à l'épreuve le scepticisme des deux côtés de l'écran.


Car McCarthy ose enfin mettre en scène un odieux connard comme véhicule de son oeuvre, testant les limites de l'attachement et de l'identification de son public. Et le pire, c'est que ça marche. Ou en tout cas, cela a marché sur le masqué, qui a tremblé avec Adam Scott, qui a frissonné en plus d'une occasion face à ce qu'il affronte, qui s'est investi dans l'histoire à faire peur que Damian McCarthy lui a racontée, baignant dans les angles morts, la décrépitude vintage inquiétante et les faibles éclairages vacillants.


De quoi être tenté de coucher dehors, si vous voulez mon avis...


Behind_the_Mask, qui ne va pas se plaindre de la qualité du room sévice.

Behind_the_Mask
7
Écrit par

Créée

le 5 mai 2026

Critique lue 847 fois

Behind_the_Mask

Écrit par

Critique lue 847 fois

25
2

D'autres avis sur Hokum

Hokum

Hokum

7

Eric-Jubilado

le 1 mai 2026

Suivre

« Foutaises » et merveilles !

Appeler son film « Foutaises ! » (ou « Balivernes » si on veut être poli) – ce que signifie « Hokum » en argot anglais – est un joli geste d’autodépréciation de la part de Damian McCarthy, auteur...

Hokum

Hokum

7

Shawn777

le 18 avr. 2026

Suivre

Honeymoon suite

Avec son affiche française bien racoleuse, tellement que même un film de Conjuring-verse n'oserait pas se permettre, ce film réalisé par Damien McCarthy avait de quoi faire flipper mais pas vraiment...

Hokum

Hokum

2

RENGER

le 4 mai 2026

Suivre

Une énième histoire de maison hantée (...) d’un ennui mortel.

Un romancier se retire dans une auberge perdue au fin fond de l’Irlande pour y disperser les cendres de ses parents. Sur place, une sorcière hante la suite nuptiale avant de venir hanter son...

Du même critique

Avengers: Infinity War

Avengers: Infinity War

10

Behind_the_Mask

le 25 avr. 2018

Suivre

On s'était dit rendez vous dans dix ans...

Le succès tient à peu de choses, parfois. C'était il y a dix ans. Un réalisateur et un acteur charismatique, dont les traits ont servi de support dans les pages Marvel en version Ultimates. Un éclat...

Star Wars - Les Derniers Jedi

Star Wars - Les Derniers Jedi

7

Behind_the_Mask

le 13 déc. 2017

Suivre

Mauvaise foi nocturne

˗ Dis Luke ! ˗ ... ˗ Hé ! Luke... ˗ ... ˗ Dis Luke, c'est quoi la Force ? ˗ TA GUEULE ! Laisse-moi tranquille ! ˗ Mais... Mais... Luke, je suis ton padawan ? ˗ Pfff... La Force. Vous commencez à tous...

Logan

Logan

8

Behind_the_Mask

le 2 mars 2017

Suivre

Le vieil homme et l'enfant

Le corps ne suit plus. Il est haletant, en souffrance, cassé. Il reste parfois assommé, fourbu, sous les coups de ses adversaires. Chaque geste lui coûte et semble de plus en plus lourd. Ses plaies,...