Hokum part d'un postulat vu et revu dans le genre : une région du monde, son folklore local, et un personnage traumatisé dont le calvaire va paradoxalement favoriser l'émancipation.
Nous suivons Ohm, auteur à succès d'une saga romanesque, qui se réfugie dans l'hôtel où ses parents avaient passé leur lune de miel, peu après leur décès. La suite nuptiale y est fermée au public : la légende veut qu'une sorcière y rôde et y soit enfermée depuis des décennies.
Si le scénario ne brille pas par son originalité, la forme réserve de bonnes surprises. J'apprécie beaucoup l'acteur Adam Scott, trop souvent sous-côté dans sa carrière, qui livre ici une prestation solide alors qu'il se retrouve piégé dans cette suite pour une nuit qu'il n'est pas près d'oublier.
Entre événements paranormaux et jump scares, le film risque de dérouter une partie du public, notamment en raison de l'utilisation d'un folklore irlandais assez méconnu et complexe. Toutefois, la mise en scène fonctionne plutôt bien, avec de nombreuses idées visuelles distillées en arrière-plan, rappelant le travail de Mike Flanagan, expert en la matière.
Le film a surtout le mérite d'éviter l'énième rebondissement sur la chasse au « démon » ou la purification rituelle des lieux. Notre personnage subit simplement sa nuit jusqu'à une résolution certes un peu téléphonée, menant à une émancipation de ses traumatismes évidemment prévisible.