Hokum est un film de Damian McCarthy qui suit Ohm Bauman, un écrivain alcoolique incapable de terminer son dernier roman. Depuis l'enfance, il porte un traumatisme profond : il a accidentellement causé la mort de son père. Cet événement le hante encore et a façonné une personnalité cynique, sarcastique et peu encline à l'empathie.
Dans l'espoir de retrouver l'inspiration, il décide de séjourner dans un vieil hôtel irlandais que sa mère, aujourd'hui décédée, affectionnait particulièrement. Dès son arrivée, il découvre un lieu étrange, figé dans le temps, dont l'atmosphère semble suspendue entre réalité et légende. Très vite, il comprend qu'une chambre de l'établissement est strictement interdite d'accès. Selon le personnel et les habitants de la région, une sorcière y aurait été enfermée autrefois.
Ohm se lie d'amitié avec Fiona, une jeune employée de l'hôtel. Ensemble, ils élaborent un plan pour pénétrer dans la chambre interdite. Après une soirée particulièrement arrosée, Ohm tente de mettre fin à ses jours en se pendant dans sa chambre. Sauvé in extremis par Fiona, il est transporté à l'hôpital.
À son retour, il découvre avec stupeur que Fiona est morte. Son corps a été retrouvé coincé dans un monte-charge relié à la mystérieuse chambre. Cet ancien dispositif permet apparemment d'accéder à un vaste réseau souterrain. Aidé par Jerry, un marginal local, Ohm cherche alors à comprendre ce qui est réellement arrivé à Fiona.
Parvenant finalement à pénétrer dans la chambre interdite, il utilise le monte-charge pour descendre dans les profondeurs situées sous l'hôtel. Cette descente constitue la dimension la plus intéressante du film. Elle fonctionne comme une métaphore de l'exploration de la psyché du personnage principal. À mesure qu'il progresse dans les souterrains, des souvenirs enfouis remontent à la surface et les véritables causes de sa souffrance apparaissent plus clairement.
Le dénouement oppose Ohm à la sorcière. Protégé par un cercle tracé au sol, il échappe à son influence et connaît alors une expérience quasi spirituelle. Il retrouve symboliquement sa mère, qui l'enlace et lui exprime son amour. Pour la première fois, il parvient à reconnaître pleinement le poids de son traumatisme et la culpabilité qu'il ressent depuis la mort de son père. Sa mère lui répond qu'elle comprend sa souffrance et qu'il peut enfin cesser de se condamner lui-même.
L'hôtel finit par brûler. Ohm repart et trouve finalement la force d'achever son roman. Cette fois, il est capable d'envisager une conclusion plus lumineuse. Son séjour et les événements surnaturels qu'il a traversés ont agi comme une forme de thérapie, lui permettant de se réconcilier avec son passé.
*Hokum* est un film divertissant et très bien réalisé. Les acteurs sont excellents et l'humour, omniprésent, est injecté avec subtilité sans jamais désamorcer complètement les enjeux dramatiques. Le principal atout du film réside dans son décor. Cet hôtel vieillot, presque hors du temps, possède une véritable personnalité. L'idée du monte-charge menant vers les profondeurs est particulièrement réussie. Il devient une représentation concrète de la descente vers les blessures enfouies, tandis que les couloirs souterrains offrent des images souvent fascinantes sur le plan graphique.
À titre personnel, j'espérais toutefois davantage du film. Sa réputation m'avait fait attendre une œuvre plus marquante. Il ne faut surtout pas l'aborder comme un film d'horreur traditionnel. Bien qu'il comporte plusieurs scènes inquiétantes et quelques moments réellement effrayants, ce n'est pas son véritable sujet. Le film utilise plutôt la figure de la sorcière comme un outil symbolique. Plus qu'un monstre, elle agit presque comme une psychanalyste surnaturelle. À travers elle, Ohm est contraint d'affronter ses blessures et d'accepter son passé afin d'éviter de sombrer dans l'autodestruction.
Au final, Hokum s'apparente davantage à un conte gothique sur le deuil, la culpabilité et la réconciliation avec soi-même qu'à un simple film d'horreur. C'est probablement sous cet angle qu'il révèle le mieux ses qualités.