La lycanthropie (ou le mythe du loup-garou) fait partie de ces thèmes fondateurs du cinéma d'épouvante qui au même titre que le film de vampires, ont alimenté de tous temps, les salles spécialisées. On se souviendra aisément de films comme "La Nuit de Loup Garou" de Terence Fisher, "Le Loup-Garou" de George Waggner(...) avec Lou Chaney ou plus récemment "Le Loup Garou de Londres" de John Landis avec la transformation qui reste, encore aujourd'hui, la plus impressionnante jamais filmée. Parmi les classiques du genre, on retrouvera sans conteste également, ce "Hurlements" du mythique réalisateur des "Gremlins", Joe Dante.

Après un fauché mais néanmoins réussi petit film d'épouvante, "Piranhas", Dante s'attaque donc à cette métaphore de la bestialité de l'être humain et du danger venant de l'extérieur avec un aplomb et une originalité qui feront toute sa singularité.

Le film commence fort avec cette scène immersive dans les bas fonds d'une ville crasseuse où la présentatrice vedette du JT a rendez-vous avec le sérial killer qui l'avait contacté. Dante installe déjà une ambiance malsaine et angoissante montrant un monde "humain" particulièrement peu fréquentable en totale opposition (apparente) avec la "colonie", située en pleine campagne, sorte de micro société dirigée par un psychiatre où vivent harmonieusement chacun de ses membres.

La comparaison avec une secte lambda serait des plus faciles mais c'est plus à une meute à laquelle nous somme confrontés ici qui sous l'influence du chef, va accepter, non sans craintes, l'arrivée de deux nouveaux membres extérieurs et différents de leur monde. Une cohabitation qui va vite d'avérer difficile, où les nouveaux n'auront d'autres choix que d'être "convertis" ou éliminés.

Et il faut bien avouer que Dante a vite choisi son camp, tout du moins avant la dernière partie. Ne présentant jamais la lycanthropie comme quelque chose de mal, il nous fait aisément comprendre que cette communauté ne demande qu'à vivre en harmonie et qu'elle ne fait que se défendre face à l'agression extérieure. A contre courant donc de la légende qui assimile le loup garou au vampire comme un prédateur d'êtres humains. Ici, en temps normal, ils ne chassent que le gibier pour se nourrir et non pas l'homme.

Malgré un rythme assez lent, Dante parvient rapidement à nous emporter dans une intrigue bien ficelée, ponctuée par un lot de scènes assez marquantes comme celle de la transformation qui, bien qu'elle soit inférieure à celle du "Loup Garou de Londres" reste impressionnante grâce aux fantastiques maquillages de Rob Bottin et à la qualité de la mise en scène de Joe Dante.

La dernière partie où l'instinct de survie animal reprend le dessus est toute aussi réussie avec un final parfaitement maitrisé.

Bref, malgré les années et quelques effets obsolètes, "Hurlements" reste encore aujourd'hui, l'un des films référence du genre.

Massimiliano_N
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le 2 juil. 2025

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