Purement attiré par le style graphique, je me suis laissé porter par la vague jusqu'à la salle de cinéma, avec l'envie de vivre un moment de sensibilité.
Et je dois dire que je n'ai pas été déçu.
Je jugerai le film en tant que tel, n'ayant pas lu le roman graphique dont il est adapté.
In Waves, c'est un film qui coche toutes les cases.
Graphiquement, d'abord, le film est sublime, avec une animation hybride 2D/3D parfaitement maîtrisée. Les plans larges sur les décors offrent parfois des tableaux saisissants, et les scènes sur les vagues ne sont pas en reste.
Côté scénario, plusieurs points m'ont fait aimer ce film.
D'abord, son histoire, bien menée, qui en fait une œuvre agréable à regarder, avec une construction simple mais claire. J'apprécie beaucoup que le nombre de personnages soit assez restreint : cela évite de s'éparpiller, et chaque personnage secondaire trouve naturellement sa place dans la narration.
Ensuite, il y a l'histoire dans l'histoire. Puisque le film est une véritable ode au surf, il nous rappelle les grandes figures qui ont façonné son histoire moderne, tout en revenant sur ses origines avant la colonisation. Ce rappel historique permet de mieux comprendre l'importance du surf pour les personnages, tout en offrant un changement de style graphique, avec de magnifiques séquences en noir et blanc. J'ai souvent du mal lorsque les films veulent raconter trop de choses à la fois, mais In Waves réussit ce retour aux racines avec brio, sans jamais créer de longueurs, tout en apportant les éléments essentiels pour un spectateur novice qui ne connaît pas l'histoire du surf.
Enfin, je voudrais parler du ton du film. Bien qu'il s'agisse d'un drame, et que certaines scènes soient difficiles à regarder, il ne tombe jamais dans le pathos. In Waves ne cherche pas à tirer des larmes ; il préfère la justesse et la poésie. La vie suit son cours, comme le courant de l'océan, et si l'on voit la vague arriver tout au long du film, on se laisse porter par des instants de légèreté, tout en sachant que chaque chose a une fin.
S'il fallait vraiment lui trouver un défaut, je dirais que j'ai parfois eu du mal à suivre certaines ellipses temporelles. Le chara-design évolue peu et les dates ne sont jamais indiquées ; il m'est donc arrivé de passer quelques secondes à me demander : « Attends… on vient de faire un saut dans le temps, là ? »
Malgré ce léger bémol, c'est un film qui frôle la perfection. On n'en ressort pas indifférent : il est profondément marquant, touchant et attachant.
Je le recommande très fortement.