J’avais regardé la bande-annonce un peu rapidement, mais c’est surtout l’idée de voir cette relation torride à l’écran qui m’a motivé. Le problème ? Mon copain m’indique : attention, ce film est un drame. Première déception, mais soit, ça ne m’empêchera pas de passer la porte du cinéma.
Alors, que penser de Pillion ? Beaucoup de choses, et je suis assez partagé à vrai dire.
Pour le positif : un casting approprié et cohérent. Les deux acteurs principaux s’en sortent très bien en livrant des performances convaincantes, chacun dans le style de son personnage. Le reste du casting est également bien choisi. La photographie est travaillée, toujours de qualité, et nous plonge dans des ambiances qui renforcent le propos. Le thème, évidemment, est un point fort : ce n’est pas tous les jours qu’on voit une relation gay BDSM, avec un bonus cuir/moto et puppy, à l’écran. Rien que pour ça, c’est louable.
Et c’est peut-être le bon moment pour faire la transition vers le négatif : son propos. Je ne retire rien au fait que le scénario est bien écrit et de qualité. Mais c’est son message et sa morale qui me laissent dubitatif. La relation, telle qu’elle est décrite ici, semble surtout conçue pour faire monter le désir et l’excitation du spectateur. La mise en scène “glamourise” beaucoup cette relation, au point de faire oublier les aspects problématiques du personnage, à commencer par la notion de consentement.
Car oui, même si l’on reste dans la fiction, aborder ce type de sujet implique aussi une question de représentation. Or, sur ce point, le film ne reflète en rien ce que sont réellement les pratiques BDSM. Le BDSM repose avant tout sur la communication et le consentement entre partenaires, pas sur une relation avec un manipulateur ou un psychopathe à qui l’on confie toute sa vie du jour au lendemain.
Alors oui, dans sa conclusion, le film nous montre que le héros s’est remis de cette relation et a gagné en expérience : il apprend à poser ses limites dès le départ et à trouver des partenaires à l’écoute. Mais lorsque l’ensemble du film esthétise une relation problématique, une conclusion comme celle-ci paraît un peu légère pour illustrer ce qu’est une relation BDSM saine.
Malgré tout, je dois lui accorder une note au-dessus de la moyenne, car ses qualités font que je n’ai pas passé un mauvais moment devant ce film. Mieux encore, il a suscité de vrais débats post séance.