La fête aux bistouquettes version mai 68

Sincèrement, c'est un peu surnoté. Il faut partir du principe que lorsqu'une oeuvre ne paraît pas notable, il faut la surévaluer : elle a semé le doute et n'a pas laissé insensible.

Eva Green et Louis Garrel vivent dans un appartement luxueux en plein Paris. Nous sommes en 68 et le peuple est dans la rue, mais pas eux. Ils sont jumeaux, siamois, et ne vivent que l'un pour l'autre. Ils adorent le cinéma, la liberté, l'immoralité, aussi. Ils n'aiment qu'eux. Un jour arrive Michael Pitt, un américain à Paris. Les trois vont se chercher, s'apprécier, se tester, et une relation très spéciale va en découler. Ils vont vivre dans la débauche et l'interdit.

Un film qui laisse une impression mitigée. Des scènes de nu, des scènes de sexe quasiment explicites, de l'inceste, ou presque, de la culture ciné en veux-tu en voilà le tout enrobé dans un dégoulis de scènes malsaines et étranges. Le film n'est pas aussi trash qu'il n'y parait : il y a quelques transcendances qui donnent au bébé de Bertolucci des airs de grand film. Comme si on assistait à un ovni, un bel ovni, un huit-clos jouissif et incompris du grand public tellement il devient intimiste et intriguant.

Louis Garrel ne joue pas bien mais ne gâche pas le film puisque les trois personnages semblent être dans une interprétation constante. Michael Pitt est l'américain bien élevé, un peu timide, et il tient bien les rennes. Enfin, Eva Green est nue. Nue sous tous les angles, nue des seins comme du bas, nue souvent. Un objet de désir qui ne surprendra personne tant Eva Green semble ne pas avoir de complexes au cinéma. Elle joue bien, elle joue la tarée et elle le fait bien. Ni plus, ni moins.

On regrettera l'année 68 qui n'est qu'un prétexte pour justifier la libération des mœurs de ces adolescents. On regrettera également l'absence de Di Caprio qui, parce qu'il était trop occupé sur les tournages, n'a pas pu jouer le rôle de Michael Pitt - que j'aime beaucoup.

A voir si vous aimez le mois de mai, Eva+green+nue, les batailles à coup de pierres sur les forces de police ou tout simplement le cinéma sans explosions, princesses ou mauvais garçons. Un cinéma humble mais pas trop.
EvyNadler

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