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bobof
Jim Queen se veut une anomalie dans le paysage cinématographique actuel. Sauf que les auteurs n'ont manifestement pas le niveau pour un long-métrage de cinéma. Pourtant, les retours sont souvent...
le 23 juin 2026
Un film au ton étonnant, qui empile les clichés sur la communauté gay, spécifiquement parisienne. Évidemment, si on est "hors milieu", le film doit être beaucoup plus cryptique et difficile à cerner, sur les différents enjeux qui nous sont proposés. Le point de départ est l'apparition de l'hétérose, une IST qui transformerait les gays en hétéros. Le concept est rigolo, et permet d'une certaine manière de plaisanter sur la différence socio-culturelle (supposée) entre les gays et les hétéros. L'un des problèmes du film, à mon sens, c'est son point de vue très gay finalement, exit l'intégralité du reste de la communauté LBTQIA+, et notamment les personnes bies, qui ne saurait trop s'inclure dans un film aussi manichéen et dichotomique, qui semble parfois juste se contenter d'essentialiser les membres de la communauté. Le film lui-même s'en défend, en disant qu'il n'y a que le G ici.
Après, le film est là pour combattre les clichés, bien que ce ne soit pas toujours simple à percevoir dans la manière de traiter ses différents sujets. Il parle de pas mal d'éléments propres à la communauté, comme la peur des IST (la variole du singe notamment), l'hétérophobie (d'une certaine manière, ou une manière de parler d'homophobie de manière détourné), les drags queens, le labyrinthe du Louvre, les backrooms, ou encore le gaydar. On aura aussi des références au Dr Ra(g)oult et sa chloro"queer". Je pense que ce qui me gêne le plus dans ce film, c'est qu'il fonctionne un peu comme un manège, on visite ces différents aspects de la communauté gay parisienne (avec un angle spécifique dira-t-on), sans jamais trop remettre en questions les choses, ou les traiter avec un certain recul. Il y a bien un propos sur la bienveillance intra-communautaire, qui est noble en soi, mais qui me parait assez faible.
Il est possible que je sois aigri sur ces sujets, étant donné que je les connais plutôt bien, et que je les ai déjà vus représentés dans plein d'oeuvres différentes. Mais certaines choses sont assez intéressantes dans la manière dont elles sont abordées, comme ces thérapies de conversion pour redevenir gay, qui évidemment prêtent à sourire, mais la violence de celles-ci fait écho à une réalité beaucoup moins drôle. Le film aborde aussi le chemsex, avec ces chemsexeurs drogués au GHB représentés en zombies. Pareil, la représentation est atroce, mais donne un certain point de vue sur ce fléau. Et le PEGI 12 du film n'est pas vraiment là pour avertir du contenu sexuel, mais surtout pour le côté gore et violent de certaines scènes.
On peut le classer dans la catégorie des comédies populaires gays (le film ayant dépassé les 100 000 entrées en à peine deux semaines, tout cela avec une distribution assez faible, et un film de niche, c'est assez fort). On pourra le comparer avec le diptyque des "Crevettes pailletées", qui m'avaient laissé un sentiment plutôt positif malgré l'abondance de clichés, mais surtout "Bros", un film que j'avais trouvé vraiment réussi, qui traitait pas mal de sujet sur la communauté gay, et LGBTQIA+ de manière générale. Malheureusement, il s'est plutôt vautré, que ce soit en retour critique ou au box-office, alors que sa démarche me paraissait très pertinente, que ce soit pour tourner en dérision les spécificités gays, d'en rire, tout en ayant une critique de fond sérieuse (ce qui, à mon sens, n'est pas le cas pour Jim Queen). J'imagine que l'on pourrait aussi citer "Les Reines du Drame" dans une certaine mesure, pour son alter ego lesbien.
Jim Queen réussit pour l'instant à avoir les deux, un succès critique et public unanime, ce qui laisse songeur. Non pas que le film n'est pas drôle, il dépeint une "certaine" réalité du monde gay, mais l'approche parait quelque peu contreproductive je trouve, et pas toujours simple de se retrouver représenté dans cette vision déformée du milieu. L'humour s'en retrouve régulièrement en dessous de la ceinture, avec des blagues bien trop grasses et beaufs.
Difficile d'être complètement satisfait par cette proposition, et je suis étonné de la si bonne réception du film. J'avoue ne pas être un fan de cette direction artistique d'animation française "adulte", qui consiste à être le plus vulgaire et outrageux possible. On pourrait tout de même s'amuser de l'absurdité de l'oeuvre elle-même, et de son côté roue-libre, mais scénaristiquement parlant, et même en termes de profondeur des personnages, c'est assez limité. Apparemment, Nina était censée avoir un plus grand rôle dans le film, ce qui n'est finalement pas le cas. Mais pareil pour Lucien (joué par Jérémy Gillet, que j'ai connu dans le meilleur film gay de ces dernières années : "Arrête avec tes mensonges") ou Jim Parfait, que je ne trouve pas particulièrement charismatiques.
Bref, je me permettrai de ne pas être aussi emballé que l'air ambiant, je ne suis pas fan du cliché et du vulgaire à outrance, avec des personnages somme toutes assez mal écrits. Il y a quelques passages plus réussis que d'autres, notamment la chanson de la drag queen. Mais le film veut peut-être trop en faire, et trop en montrer, au point où il n'approfondit rien, et on reste sur sa faim.
Mais si ça peut intéresser des gens à stimuler leur prostate, ce sera déjà un pas en avant dans notre société (ce qui n'est pas réservé aux gays bien sûr).
(Vu le 26 juin 2026 au cinéma)
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Créée
le 1 juil. 2026
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