Triste constat que de voir en Jolt un film ringard et vomitif dont la bêtise n'a d'égal que son incompétence globale. Le pitch, au demeurant intrigant, est d'emblée raté : une femme colérique a apparemment une force surhumaine à cause d'un taux d'hormones anormal et doit s'électrocuter pour se calmer avant de faire bobo à son prochain. L'inverse de Crank mais jamais exploité.
Car au final, Lindy (Kate Beckinsale de retour botoxée jusqu'aux oreilles pour tenter de redevenir l'action woman qu'elle fut dans les années 2000) file juste des coups de tatanes à des serveuses et des fighters balourds. Elle rencontre un mec qui lui met des papillons dans le ventre et autre chose dans le minou dans une interminable scène plus proche de Basic Instinct 2 que du film de Verhoeven. Mais il est assassiné, c'est ballot. Du coup elle va chercher les coupables en s'aidant d'une geek de 14 ans, de son instinct immuable et ses talents insoupçonnés de détective au nez et à la barbe de flics échappés de Police Academy. Ne rigolez pas c'est le vrai scénario.
Et là où on aurait effectivement pu avoir une comédie déjantée qui s'assume complètement, la réalisatrice Tanya Wexler préfère demeurer ô combien sérieuse, forcément inspirée par le succès injustifié d'Atomic Blonde et de Peppermint, promulguant un message faussement féministe tout en filmant comme un Albert Pyun du dimanche des séquences d'action ringardes, aux ellipses hasardeuses mais avec des couleurs flashy et une soundtrack du tonnerre. Il y a une scène, une seule, capable de rivaliser avec le gros n'importe quoi délirant qu'étaient Crank et sa suite : un jet de bébés comme échappatoire dans une maternité. C'est tout, c'est peu et c'est en total décalage avec le reste du film qui ne sera jamais de la même audace.
Pathétique de la première à la dernière scène, heureusement bref mais paradoxalement très long, Jolt ressemble à s'y méprendre à un ersatz de fan-film pensé, écrit et réalisé par un ado boutonneux qui a probablement dû voir trois films d’action dans sa courte existence, et malheureusement pas les bons.