Là où The Wild Robot (Chris Sanders, 2024) faisait le choix de la fable écologiste et philosophique, interrogeant les relations a priori antithétiques entre nature et culture, Hoppers opte pour la série B que l’on croirait issue du cinéma américain des années 70 et 80, aborde le voyage d’un esprit dans un corps autre que le sien de la même façon que l’aurait fait un Tobe Hooper ou un Charles Band, c’est-à-dire avec générosité, malice et irrévérence. L’originalité tient ainsi à la représentation d’une nature cruelle parce que naturelle, appliquant la « loi de la mare » comme on parle de loi de la jungle ou de chaîne alimentaire, qui résonne avec la cruauté des relations humaines, gangrénées par la soif de pouvoir. Nulle surprise, dès lors, quand un personnage vient à disparaître, qu’il soit animal ou robotique, nulle émotion non plus ; le récit avance, et lorsqu’un corps se dégrade il faut en changer, sauter dans un nouveau corps, s’augmenter d’une oreillette ou d’un radar pour communiquer.
Une telle approche, à la fois radicale et représentée avec une infinie douceur, conjure tout misérabilisme associé au deuil d’un castor, d’un insecte que l’on écrase involontairement entre ses pattes, d’une grand-mère et, par extension, de l’espace conservatoire de son souvenir, assure une dynamique appréciable axée sur les relations entre destruction et création, partage un véritable goût de la science, fidèle à l’esprit de ces salons ou foires aux inventions que le divertissement teen movie américain a contribué à diffuser. La liberté tonale va jusqu’à mobiliser des références à Westworld (Michael Crichton, 1973), The Texas Chain Saw Massacre (Tobe Hooper, 1974) et Jaws (Steven Spielberg, 1975), soit à des œuvres de divertissement populaire bis mimétique de la modestie des productions Pixar, elles qui aiment à rassembler depuis ses origines les oubliés, les invisibles, les cassés et les marginaux.