Jumpers
6.6
Jumpers

Long-métrage d'animation de Daniel Chong (2026)

Les cons. Ils ont refait exactement la même chose que pour Elio.


Difficile de croire que Disney porte encore une quelconque importance à Pixar, hors ses franchises en mode raz-de-marée comme Toy Story, dont le cinquième épisode sort lui aussi en 2026.


Difficile de croire que Disney ne se débarrasse pas de Jumpers, dans une absence de tambours et de trompettes d'une promotion frôlant dangereusement le néant.


Soyons sérieux : quelle frange du public cible connaît ne serait-ce que l'existence du film ? Et même que ce soit un Pixar, et non un Sony ou un DreamWorks ?


Et quand une certaine critique décrète qu'il s'agit là du plus mauvais Pixar, disons, simplement, que l'enterrement en fosse commune n'est plus très loin...


C'est bien, pourtant, Jumpers.


Certes, pas de quoi renouer avec les chef-d'oeuvres immortels, tendance méta, du studio à la lampe, ni avec un film comme Wall●E sur le créneau de la force de la fable écologique.


Sur ce terrain, le scénario détourne le principe de Avatar de manière maligne, pour aller braconner sur les terres nippones pleines de désillusions de Pompoko, qui parlait déjà de résistance face à l'expansion du territoire urbain et d'infiltration parmi les hommes.


Mais c'est l'énergie contagieuse et l'efficacité du gag que l'on retiendra aussi. Que ce soit les engueulades récurrentes entre la jeune héroïne et un maire carriériste, symbole ultime du capitalisme qui saisit toute occasion de s'imposer, certaines figures animales surprenantes dans leur approche ou encore quelques scènes d'un surréalisme rafraîchissant, l'oeuvre se montre des plus débridées et totalement cartoon. Pixar, avec Jumpers, semble prendre un malin plaisir à jouer avec le rythme de son histoire et à multiplier les ruptures de tons, dont certains aspects déstabiliseront à coup sûr le jeune public quand l'atmosphère se fera un peu plus sombre.


Direct, joueur, le dernier-né de chez Pixar s'amuse et abandonne un peu ce qui faisait la renommée du studio, soit l'émotion la plus pure, que l'on ne retrouve ici qu'en pointillés, via la figure de sagesse d'une grand-mère placide.


Et si l'on s'acharne à y voir un discours politique trop timoré, n'y a-t-il pas, dans Jumpers, la démonstration que tous les extrémismes ne peuvent que déboucher sur une impasse ? que le désaccord n'est pas automatiquement synonyme d'anéantissement de l'autre ?


Ce qu'il me restera en mémoire, pour ma part, c'est cet instant suspendu, de plénitude, sur ce promontoire, où grand-mère et petite fille se contente de regarder la nature et de se laisser investir par elle. Sans détruire, sans même intervenir, au risque de déstabiliser, sans le vouloir, cet équilibre plus que jamais fragile et menacé par la dérégulation humaine de l'égoïsme.


Ne serait-ce pas, tout simplement, le credo de ce Jumpers ?


Behind_the_Mask, castor junior.

Behind_the_Mask
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le 7 mars 2026

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