Jumpers
6.5
Jumpers

Long-métrage d'animation de Daniel Chong (2026)

* Critique originale disponible sur Duozora *

Nous avons créés une technologie révolutionnaire qui nous donne un accès sans précédent au monde animal ! On l'a appelé Jumpers.

Depuis sa plus tendre enfance, Mabel Tanaka est passionnée par les animaux, au point de vouloir aider ceux de son école à s'échapper. Téméraire et rebelle dans l'âme, elle finira par s'apaiser au contact de sa grand-mère qui lui apprendra à contempler la nature en lui faisant découvrir les nombreuses espèces qui vivent au sein d'une clairière. Mais des années plus tard, un projet d'autoroute mené par le Maire Jerry se met en marche, menaçant la clairière où Mabel et sa grand-mère adoraient se ressourcer.

En cherchant une solution pour faire annuler le projet, Mabel découvre que sa professeure de science et ses assistants ont mis en place un projet nommé Jumpers. Celui-ci permet d'observer les animaux dans leur milieu de vie naturel grâce à des robots plus vrais que nature dans lesquels on transfère l'esprit de quelqu'un. Ainsi avec l'aide de cette technologie, Mabel va tout mettre en œuvre pour sauver la clairière du projet qui la menace.

Avatar à la sauce Pixar !

Après un film mettant en scène un jeune garçon passionné par les aliens, Jumpers, 30e long-métrage des Studios Pixar, fait place à Mabel, une jeune ado passionnée par les animaux. Lorsque la clairière où elle a partagée bon nombre de souvenirs avec sa grand-mère se retrouve menacée, Mabel va tout faire pour la sauver. Et pour cela, elle utilisera le projet Jumpers orchestré par sa professeure de science et ses assistants. Un projet qui permettra à Mabel de transférer sa conscience dans un robot castor semblant plus vrai que nature et ainsi d'infiltrer la clairière afin de faire capoter le projet d'autoroute qui doit venir raser le lieu.

Il est vrai qu'à la vue de ce synopsis, on peut se dire que Pixar a vulgairement repompé les films AVATAR sans aucune vergogne, une critique d'ailleurs anticipée par le studio qui fera une blague à ce sujet dès les premières minutes du long-métrage ! Et il est vrai que l'histoire ne sera guère originale tout du long, mais pourtant elle saura être accrocheuse grâce à la bonne dose d'humour du long-métrage. En effet Jumpers est sans doute un des Pixar les plus drôles depuis longtemps. S'il y a des blagues assez convenues, d'autres pour le coup sont inattendues et donnent lieu à des scènes tout simplement hilarantes !

Mais au-delà de son humour, Jumpers parvient à livrer des messages essentiels sur l'écologie et la consommation de masse à travers le projet d'autoroute mené par Jerry, le maire de la ville qui y voit l'opportunité de faire gagner 5 minutes aux citoyens lorsqu'ils se rendent dans les magasins. L’écologie sera donc le thème au cœur du long-métrage, avec Mabel qui cherchera – dans le corps du robot castor – à convaincre les animaux de la clairière de se réapproprier leur territoire. Enfin si le film se veut malgré tout intimiste et assez humoristique, il changera néanmoins de ton à mesure qu'on avance avec plusieurs scènes pouvant être plus impressionnables que prévu pour un jeune public (sans dire qu'il vire dans l'horreur absolue mais certaines scènes pourront mettre mal-à-l'aise). La fin se révélera là encore plutôt classique et attendue mais offrira en fin de compte une belle histoire touchante avec des moments drôles et émouvants.


Un duo phare accompagné de personnages simples

Mais si cette histoire fonctionne, c'est principalement grâce à ses différents personnages, en particulier Mabel qui apparaît comme une fille assez impulsive et rebelle mais qui parviendra à s'apaiser grâce à sa grand-mère qui lui apprendra à se canaliser au sein de la nature. Un mantra qu'elle appliquera à de nombreuses reprises avant de se retrouver dans un corps de castor et de mettre toute cette énergie dans le sauvetage de la clairière. Une mission qu'elle accomplira cependant avec un peu trop de zèle, ce qui finira par lui attirer des ennuis qu'elle n'avait pas anticipé. Mais heureusement elle trouvera un second mentor en la personne de George, le roi des mammifères — oui, il a une couronne —, qui lui apprendra à être moins impulsive et à plutôt compter sur ses autres belles qualités. George le castor sera ainsi quelqu'un de profondément gentil. S'il semble naïf aux premiers abords, toujours prêt à voir le bon en toute personne, il n'en sera pas moins un fin observateur qui a parfaitement conscience des problèmes autour de lui, mais qui préfèrera prendre la vie telle qu'elle vient. C'est pourquoi en accueillant Mabel sur son lieu de vie, il la prendra sous son aile et lui apprendra à s'assagir et ne plus vivre dans la colère. Un personnage très empathique et qui sera profondément touchant de par sa gentillesse.

On peut également citer le maire Jerry qui aux yeux de la jeune fille n'est qu'un simple tyran cherchant à détruire tout un écosystème dans l'unique but d'amasser des votes pour sa campagne, mais ce ne sera pas exactement le cas. S'il est vrai que Jerry agit comme un politicien, quelques scènes le montrent également comme quelqu'un d'aimable et qui prend soin des autres, et notamment des habitants. De plus, s'il verra en Mabel une gamine irritable et un simple obstacle à son projet de chantier, il finira également par comprendre ce qui la pousse à agir ainsi.

Enfin c'est sans compter sur les nombreux personnages secondaires comme Ellen l'ours, Diane le requin, ou encore les différents Roi et Reine de chaque espèce. Beaucoup de personnages seront mis en avant mais la plupart seront davantage des personnages fonctions comme Tom le lézard, mascotte sur laquelle Pixar a basé toute la promo du film alors qu'au final il ne servira même pas dans l'histoire. On pourra également parler des personnages humains comme le Dr. Fairfax, la professeure de Mabel, qui cherchera à tout faire pour la réintégrer à son corps mais qui là-aussi, en dehors d'introduire le concept du Jumper, ne servira finalement qu'à très peu de choses...

Ainsi en dehors de Mabel et George qui seront le véritable duo phare du film, le reste du cast restera principalement anecdotique, servant surtout à mettre en scène les divers gags. Mais est-ce vraiment un mal ? Pas tant que ça au final, puisque le duo principal est déjà très accrocheur, chacun apprenant l'un de l'autre tout au long du film. George transmettra sa manière de voir les choses, son optimisme et sa bonhomie, tandis que Mabel lui transmettra son pragmatisme sensé et ses désillusions avérées, propres à l'espèce humaine.


Une animation cartoonesque

En ce qui concerne l'animation, de manière générale elle demeurera très bonne mais dénotera tout de même par rapport à ce que Pixar nous livre habituellement. Si avec les années, Pixar tendait davantage vers le photoréalisme (il suffit de voir les détails des jouets dans Toy Story par exemple), ces derniers temps, il semble vouloir revenir à quelque chose de plus cartoon. On peut le voir dans Alerte Rouge par exemple qui incluait davantage d'animation très calquée sur l'animation japonaise (les grands yeux, les surexpressions avec des yeux en cœurs etc...), ou encore Soul qui était bien plus simple niveau réalisme voire même plutôt sobre.

Dans Jumpers, cela se remarquera via différents détails. Par exemple, Mabel en tant que castor verra les animaux de manière détaillée où chacun aura son propre chara design avec des yeux et des gestes très expressifs. Mais lorsque l'on passe au point de vue de Jerry, celui-ci verra les animaux de manière beaucoup plus réaliste. Les animaux apparaîtront beaucoup plus simplifiés et plus aucune expression ne traversera leur regard. On aura aussi davantage de scènes contemplatives, permettant de s'arrêter sur les émotions qui traversent le visage des personnages, pouvant parfois contraster avec certaines scènes bien plus dynamiques et cartoonesques c'est vrai (comme par exemple la scène où Mabel découvre qu'elle peut désormais comprendre les animaux). Une animation ainsi riche en détails subtils et qui, sans être époustouflante comme sur certains films plus léchés, restera malgré tout de très bonne facture.

La musique néanmoins sera malheureusement assez oubliable. Aucun thème ne reste vraiment en tête en dehors de Work That Shell qui accompagne une séance d'étirement matinaux assez fabuleuse !


Une comédie surprenante

En conclusion, Jumpers est un film surprenant.

Une histoire plus intimiste qui ne pourra pas parler à tout le monde à cause de sa thématique très appuyée autour de l'écologie, mais qui saura rester accessible car il ne prendra pas vraiment la peine de l'appuyer trop en profondeur. Ainsi, l'humour restera vraiment LE point fort du film, donnant naissance à des séquences cultes qui sauront faire rire petits et grands. Sans oublier ses deux personnages phares dont la dynamique mentor-élève est sans doute une des plus jolies relations que Pixar ait pu faire depuis longtemps.

Duozora
7
Écrit par

Créée

le 30 avr. 2026

Critique lue 9 fois

Duozora

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