Jumpers
6.5
Jumpers

Long-métrage d'animation de Daniel Chong (2026)

"We put this... into this... this !... into this !"

Aberrante tiédeur critique vis-à-vis de ce nouveau Pixar, "Jumpers", première réal chez eux de l'Américain d'origine chinoise Daniel Chong, transfuge de Cartoon Network (chaîne pour laquelle il créa et supervisa notamment l'excellente série animée "We Bare Bears", aka "Ours pour un et un pour t'ours" en français) et artiste pour le studio depuis une quinzaine d'années en tant que storyboarder, entre autres. À la croisée d'"Alerte Rouge" pour la folie douce à la fois intime et parodique, de "Là-haut" pour la mélancolie de la perte et le réenchantement d'une vie, et du "Monde de Némo" pour l'immersion dans un microcosme inconnu dont l'anthropomorphisme est poussé dans ses plus beaux retranchements d'humour décalé depuis bien longtemps dans le cinéma d'animation américain, trois films dont les auteurs (et autrice) font justement partie des producteurs exécutifs ici, "Jumpers" est pourtant un bijou d'écriture et de mise en scène, renouant avec ce vertige des échelles qui caractérise les plus beaux Pixar et faisant de l'humour de montage comme personne n'en est plus capable au cinéma aujourd'hui (et même du suspense horrifique lorsque l'on s'y attend le moins, références aux "Oiseaux", aux "Dents de la mer" et à "L'invasion des profanateurs" à l'appui, brassées en une seule et même séquence narrative génialement barrée), tout en s'avérant, très probablement, l'un des films les plus personnels du studio comme n'importe quel occidental d'origine chinoise de cette génération des 40-50 ans ne manquera pas de le ressentir dès les premières minutes de métrage - ce vécu récurrent d'enfants aux parents démissionnaires élevés et compris par leurs seuls grands-parents dont la disparition devient un véritable deuil parental précoce, et la difficulté de se raccrocher aux lieux de son enfance, surtout en Chine métropolitaine où tout est régulièrement détruit et reconstruit sans la moindre réminiscence du passé. Brillant, intelligent, hilarant, touchant, flippant même voire cruel par moments (des points pour David Franco en roue libre - film à ne voir évidemment qu'en VO, même l'animation en France aujourd'hui souffrant d'un manque de professionnalisme dans le doublage capable de te gâcher un film de A à Z), un top ten Pixar sans problème me concernant.

Créée

le 22 juil. 2026

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Oh-Dae-su

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