La suite tant attendue du très frappadingue et improbable Junk Head... que vous n'avez pas vraiment besoin d'avoir vu pour découvrir cette préquelle inter-temporelle multiversique. Takahide Hori quitte son environnement de couloirs étouffants et de quasi-mutisme pour des décors extérieurs plus ouverts qui laissent un peu respirer et où déambulent des personnages communicants... si on arrive à suivre ce qu'il se passe, tant ça y va dans tous les sens. La première partie apparait parfois disgracieuse avec ses abus de fondus au noir mais au-delà du style du réalisateur, cela cache une réexploration des événements en multiples couches d'une intrigue tortueuse (mais qui parait tout de même cohérente, un tour de force) tel que nous le rappelle l'apparition d'un chapitrage à l'écran.
Là n'est toutefois pas l'argument majeur de Junk World : le charadesign enjaillant (super robots de combat), les idées visuelles folles (la secte et son vaisseau cathédrale, le gimmick des auréoles), la radicalité scénaristique de sous-intrigues s'étalant sur un millénaire, la réalisation en stop motion et sa texture incomparable (les défauts physiques des matériaux devenant partie prenante de leur consistance) et même l'humour (de survenue imprévisible, on se marre de bon cœur), tout participe à passer une très chouette séance. Les quelques défauts tels que l'emploi de CGI pour les plans lointains et certains décors rocailleux moins inspirés ne sont que peanuts à côté de cela.
Le générique de fin montre les coulisses de tournage de certaines scènes et c'est tellement bien qu'on pourrait juste rester à regarder cela pendant des heures. Vivement le troisième film annoncé car on reste vraiment l'OVNI en matière d'animation moderne.