Annoncer en 2025, que Scarlett Johansson va réunir une équipe de mercenaires, tel Dwayne Johnson dans Jumanji, est une démarche accrocheuse. Si, 32 ans après le début de la franchise, on nous propose de la suivre, avec son équipe, dans l'un des jungles les plus dangereuses au monde, on a la garantie d'un périple exotique pour ce film d'aventure. La mission de l'équipe est de ramener du sang des dinosaures pour créer un vaccin. Au hasard, un brontosaure gentil et herbivore, un ptérodactyle et un énorme mésosaure, dans l'univers marin.
Lorsque Steven Spielberg a presenté pour la première fois des dinosaures dans son film Jurassic Park, en 1993, c'était totalement novateur. Si le grand public connaissait certains dinosaures c'était à partir de dessins essentiellement, ou dans certains cas de peintures réalisées à partir des squelettes présentés dans les musées. Ça se limitait d'ailleurs au Tyrannosaure Rex, aux brontosaures et aux ptérodactyles. Pour la première fois, le réalisateur de ET nous présentait des dinosaures vivants, dans leur cadre naturel, parfaitement crédibles, grâce aux développements des effets speciaux. Scénario tiré du roman homonyme de Michael Crichton de 1990- Les dinosaures crée par clonage pour le parc d'attraction nous avaient tiré des larmes grace au talent de John Williams à la composition musicale.
Bien que produit par Universal of New Line, on reste dans le film d'aventures à voir en famille, avec les enfants. Regarder la parade amoureuse d'un couple de brontosaures est plus proche de l'esprit de Disney. Les producteurs pensent également à la diffusion sur les plateformes tout public. Tarantino aurait attendu la scène de l'accouplement des créatures géantes pour nous laisser des images imprégnées dans notre subconscient pendant des années, Les aventuriers commencent leur aventures tels des Moby Dick en herbe, à la poursuite d'une créature marine plus imposante que le monstre du Loch Ness. Insensibles aux contraintes matérielles, ce qui est un comble pour des mercenaires très expérimentés, les baroudeurs vont abandonner leur bateau pour se perdre dans un champ de maïs exotique. Ils sont très professionnels, mais oublient de demander un acompte avant de partir risquer leur vie. Ils cassent leur bateau mais là où le commun des mortels passe son temps au téléphone avec son assurance, ils continuent l'expédition sans trop se soucier des dégâts matériels ou des collègues qui vont disparaître. Car l'une des idées novatrice est d'entraîner l'équipe - qui s'est enrichie d'une seconde équipe, en allant sauver une famille décomposée - que de mutations genetique de dinosaures. Une des trouvaille a été d'ajouter cette famille de rescapés avec un père prêt à faire le casse-cou, un gendre pas idéal du tout et une gamine qui se fait pote avec Dolores, sa version mini dino. On reparlera de Audrina Miranda.Gareth Edwards, le réalisateur anglais de tout juste 50 ans (Godzilla, Rogue One: A Star Wars Story, The Creator) nous emmène en cours de route vers la version moderne de Alien avec un Tyrannosaure mutant au crâne du xenomorphe et des ptérodactyles au bec redoutable. On retrouve la scène dans un lien clas éclaire par des néons blafards et les raptors à la recherche de chair fraîche la scène dans les conduits d'aération, typique des films américains can on n'a pas ça en France, renoue avec le premier Alien de Ridley Scott (1979) avec la bête qui poursuit le petit groupe éparpillé pour essayer de les décimer un à un . Ali Mahershala dans le rôle du costaud attire toutes les sympathies et Jonathan Bailey dans celui du Dr Henry Loomis est forcement beaucoup plus séduisant que Jack Black dans ses rôles de savant professeur bedonnant. Ses leçons d'escalade sur un mur de cinq mètres seront mises à rude épreuve en haut d'une falaise. Reste avant tout Zora Bennet l'aventurière au grand coeur, sorte d'Indiana Jones au feminin, on a tendance à voir en elle la Black Widow ( Natasha Romanoff, la Sorcière Noire 2021) ou Lucy, I'héroïne du film éponyme de Luc Besson (2014), on n'est pas surpris de sa bonne condition physique. On salue son parcours depuis son premier film Lost in translation (2003) de Sofia Coppola. Telle une Errol Flynn au féminin ! Une mention spéciale pour le score d'Alexandre Desplat dont la musique nous fait vivre avec intensité les péripéties de l'intérieur, entre envolées lyriques et mélodies plus romantiques, ainsi qu'au scenariste David Koepp (Jurrassic Park 1993, Le Monde Pendu: Jurrassic Pank 1997, Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal 2008, mais aussi Spider-Man 2002, Mission Impossible 1996 ou La Guerre de Mondes 2005).On ne change pas une équipe qui gagne. On s'entoure des meilleurs.