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le 4 nov. 2011
SuivreLes corbeaux se marrent
Très beau road movie d'amitié entre deux jeunes géants du cinéma que tout oppose pour mieux les réunir, sorte de variation optimiste de l'errance intime d'un Macadam Cowboy pris côté asphalte. Al...
Après Macadam Cowboy et avant Paris Texas, Jerry Schatzberg a donc sorti l'Epouvantail, film qui partage une sorte de gémellité avec eux. Pour le film de Schlessinger, c'est surtout la rencontre de ces deux vagabonds sur la route,leurs petits bonheurs et leurs adversités. Pour celui de Wim Wenders, c'est ce père qui part à la recherche de son enfant après des années d'errance.
Ce que j'ai trouvé intéressant dans ce film, c'est l'affrontement métaphysique entre ces deux gars. L'un pense qu'il faut rire et rebondir tel un corbeau. L'autre pense qu'il faut se fondre dans la masse et effrayer à la manière d'un épouvantail (d'où le titre du film). Jerry Schatzberg s'est amusé à montrer que chaque philosophie de vie de ses personnages avait ses limites comme ses avantages. En faisant un bout de route ensemble, Max et Lion (superbes Gene Hackman et Al Pacino) font ce constat tout en défendant leurs philosophies jusqu'au bout pour le meilleur et pour le pire.
Au niveau contextuel, le cinéma américain contre-culturel américain des années 70 reste l'un des plus passionnants car il fait la place à des marginaux, ce qui était rare auparavant à part dans Géant,West side story ou encore The Misfits ( devenus des films cultes).Cette jeune génération d'acteurs américains (Dustin Hoffman,Al Pacino, Jon Voigt,Robert de Niro..) a pu donc participer à un mouvement cinématographique comparable à la Nouvelle Vague en France. Regardez donc des films de cette décennie pour vous cultiver, vous enrichir et sortir des sentiers battus des deux dernières décennies cinématographiques américaines. C'était une époque où l'Amérique montrait sa population à la marge et démontrait qu'elle n'était pas dénuée d'une certaine richesse malgré ses difficultés existentielles. Ca fait du bien et on aimerait que le cinéma indépendant U.S revienne à un ton quasi similaire à l'heure actuelle.
Une dernière recommandation: regarder ce film avec l'esprit accessible, loin du boulot et des contrariétés pour en saisir sa pleine saveur. La route et les grands espaces se donnent aussi au détour de scènes magnifiques et vous donneront l'envie de boucler votre sac comme les hobos dont on a chanté la légende (mais dont la vie est tout sauf facile).
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les grands espaces et Pellicules 2015
Créée
le 20 juil. 2015
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8
le 4 nov. 2011
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