Un film vraiment beau et touchant, avec son sentiment de léger malaise dès le début du film, où l'on sent Hugo en manque de confiance, qui se transformera en malaise malsain et tendu sur la suite. Un personnage qui se fait manipulé par ses pairs et par ses sentiments. On espère qu'il finira par se réveiller, et réussir à entrevoir la raison parmi ses démons.
Plus globalement, c'est une histoire sur l'acceptation par autrui, avec ce personnage qui accepte de revoir ses anciens bourreaux pour faire le prouveur. Il est facile de céder à nos désirs les plus bas, à ne chercher à n'exister que pour le regard d'autrui, ou tout simplement à voir si l'herbe est plus verte ailleurs, maintenant que l'on sait son potentiel d'attirance.
J'aime beaucoup ces multiples personnages, chacun ayant sa manière d'être, chacun évoquant ses sous-entendus plus ou moins compréhensibles, et surtout avec un naturel et une crédibilité assez saisissante. J'ai été assez étonné de voir que l'intégralité du film tourne autour d'Hugo, joué par Félix Lefebvre, et non autour de sa relation de couple avec Queen, jouée par Anja Verderosa. Après, cela semble assumé, puisque ce sont ses troubles et ses sentiments qui font tout l'intérêt du film, mais on aurait aimé la voir un peu plus active que passive dans le film, mais cela sert probablement le propos du film, comme si elle ne comptait pas vraiment dans l'équation. L'évolution d'Hugo au sein du film est intéressante, au début il n'est clairement pas à l'aise, à tel point qu'il simule une nausée pour ne pas coucher avec sa partenaire, puis il fera le mec sûr de lui avec elle (ce qui ne lui va pas du tout), pour ensuite la rejeter, car trop souvent ensemble, en ne la considérant plus vraiment.
Bref, je trouve que c'est un très beau film, déchirant certes, mais qui amène à des questions fondamentales dans notre existence au sein même de notre société. Il se veut assez didactique, en montrant les erreurs à éviter dans sa manière de vouloir s'intégrer et être accepté par autrui, ou le respect et l'honnêteté que l'on doit à ses partenaires, et la manière dont certaines relations se construisent dans le but d'être vu plutôt que d'être vécu.
Et mention à la musique du Naufrage, chanté par l'actrice Marie Bucas-Français, vraiment très belle, qui finit merveilleusement ce film.
"Tu vois, j'avais raison, les gens changent pas.
- T'as bien changé toi pourtant."
(Vu le 30 décembre 2025)