La 317è section se passe à la fin de la guerre d'Indochine, alors que la section du titre, laissée en arrière pour saborder les installations pouvant tomber aux mains de l'ennemi, doit rejoindre le gros de l'armée.
Il est à noter l'absence de prise de partie du film, qui semble vouloir nous dire : la guerre c'est ça, sans juger plus que de raison. Le film s'articule principalement sur la relation entre les personnages de Jaques Perrin, jeune officier qui en veut mais méconnaît les réalités du terrain, et de Bruno Cremer, le vieux briscard revenu de tout.
Les deux s'entendent finalement plutôt bien, car ils ont un point commun : la guerre, c'est la vie qu'ils ont choisi, et chacun à sa manière aime ça. Mais Torrens veut la gloire et la sensation de puissance, il n'hésite pas à prendre des risques inutiles, tandis que Willsdorf se contente de survivre, s'il ne refuse pas le coup de feu, il évalue les risques au mieux possible.
Willsdorf, vétéran de la campagne de Russie aux côtés des allemands (il était mobilisé en tant qu'alsacien), est un militaire à l'ancienne. Celui qu'une vie de voyage et d'aventure fait rêver. Il aime sincèrement le pays, et peut prendre le temps d'admirer le paysage.
Le paysage justement, souvent de toute beauté, est sublimé par la photographie noir et blanc de Raoul Coutard, qui réalisera plus tard Hoa-Binh, autre très bon film sur le même genre de sujet.
La 317ème section raconte l'odyssée d'un groupe de soldats dans la jungle, comme Aventures en Birmanie et plus tard Apocalypse Now. Et comme l'Odyssée, il s'agit d'une série d'épreuves dans lesquels le groupe se réduira comme peau de chagrin. Le spectateur sait que la déroute est irrémédiable, que la guerre est déjà perdue, mais ce qui compte ici c'est la survie, envers et contre tout.
Apre et tendu, La 317è section est un grand film sur les hommes qui font la guerre.