Le film est adapté d’un bouquin de John Le Carré et contrairement à ce qu’on pourrait craindre, on parvient à suivre sans trop d’efforts ce qui se trame dans ce jeu d’espionnage entre le Soviet (qui dégèle lentement) et l’oncle Sam et leurs amis rosbifs. Sauf à la fin embrouillée dont les tours de passe-passe laissent fortement dubitatif…
Sean Connery est quant à lui entre deux feux, improvisé apprenti espion malgré lui tandis qu’il fait la cour à son insu à sa nouvelle copine russe, la resplendissante Michelle Pfeiffer, entremetteuse de secrets en fuite via quelqu’écrivain physicien à ses heures perdues. Tout cela n’est pas forcément très vraisemblable et si ce n’était l’agréable distribution, on ferait bien un bridge en attendant qu’il se passe quelque chose.
Eh oui, on s’emmerde ferme dans La maison Russie, c’est peu de le dire, mais au moins on visite Moscou et Saint-Pétersbourg (enfin Leningrad à cette époque) et un peu Lisbonne aussi. Oui, c’est au Portugal, Lisbonne, un endroit original pour les émigrants soviétiques, ça change des Etats-Unis.
Quand la fin arrive (finalement, elle et sa morale si naïve), on est aussi lessivé que si on avait passé 12h sous le détecteur de mensonges : non, je ne vous mentirai pas, ce film lancinant est (presque !) une purge digne du petit Père du Peuple, le fameux moustachu qui en connaissait un rayon (pas celui de Nintendo, l’autre pas gentil du tout…).