Techniquement, c'est ce que j'ai vu de plus beau depuis très longtemps. Antonioni, c'est le meilleur pour filmer l'urbanisme, chacun de ses cadres est un tableau. Il trouve toujours des décors de fou, avec une architecture qui épouse parfaitement ses plans. Deux heures de contemplation de chaque détail, de cadre, de mouvement, de beauté photographique.
Il filme l'ennui, mais on ne s'ennuie pas, car à chaque fois, il réinvente son cadre. Il nous montre des fusées, la pluie se met à tomber, l'électricité se coupe. À chaque fois, il nous impose un rythme que l'on suit toujours avec plaisir. Le montage est tellement maîtrisé, chaque détail est à sa place.
On suit donc un personnage assez antipathique, qui, à la moindre occasion, trompe sa femme. On sent l’Italie partout, au point qu’on se demande ce que Jeanne Moreau fait là. Et puis on cherche Monica Vitti partout, jusqu’à se dire, “Mais elle arrive quand ?” Et Antonioni lui offre une entrée d’une grande beauté et une sortie que seul un génie peut faire.
La relation avec Mastroianni est très cringe, elle n’a que 18 ans et il lui court après comme un vieux pervers. Même devant sa femme... Bref, le seul aspect que je n’ai pas aimé du film avec la perruque noir que porte Vitti.