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À vomir
Il serait temps d'arrêter de réaliser des films sur des sujets quand ces mêmes sujets ne vous concernent pas.En tant que lesbienne (et en tant qu'humaine) je suis révoltée par ce film qui n'est qu'un...
le 29 mai 2025
préambule : Je ne connais pas le livre de Fatima Daas qui est apparemment bien, j'aime beaucoup Hasfia Herzi actrice et réalisatrice (Le Roi de l'Evasion, Borgo, L'amour des hommes, Tu mérites un amour…) raison pour laquelle il faut lui hurler dessus. Ah oui, j'ai vu cette dernière dire que les femmes lesbiennes musulmanes doivent être représentées, et ça tombe bien, m'enfou ! on s'enfou ! Merde.
Le film parle de Fatima, studieuse, musulmane pieuse idée de famille maghrébine qui découvre son homosexualité. Un décor pareil peut donner du stéréotypé prévisible nul comme du sublime, fort ou même du comique ironique … mais il n'en est rien selon moi, et c'est dommage…
Déjà, Herzi abuse des gros plans sur les visages. Que ce soit sur Fatima comme sur la dizaine de personnages secondaires. Comme si ça suffisait à créer de la profondeur. Ensuite, quelque scènes sont surfaites mais beaucoup trop sont éclipsés selon moi. C'est frappant dans pas mal de scènes avec sa famille, où elle prie, avec ses camarades (de lycée) et même ses dates (ou rencards). On sent que Herzi a voulu à la fois en montrer beaucoup et s'éviter des clichés. Sauf que trop hacher un film rend le cliché inévitable…
Ensuite le film souffre d'à la fois tout et rien raconter.
Elle a à peine une scène de jalousie avec sa sœur à la maison mais rien de plus, elle frappe son camarade de classe homosexuel, qu'on attend réintervenir par la suite mais non, bon… Ensuite elle enchaîne les dates avec une jolie check-list de situations homosexuelles : la lesbienne bienveillante qui fait l'école du sexe, la baba cool bisexuelle qui incarne la curiosité sans tabou, la fille touchante avec qui elle imagine un avenir, la beauf vulgaire qui fantasme les plans à trois. Idem pour la relation avec le copain : on passe de "on va se marier inchallah kheir" à "bonne continuation je me casse"… archétype de la relation éclipsée et donc cliché malgré elle ! Idem pour la rupture avec Ji Na qui s'avère dépressive !
Vers la fin, on comprend que le conflit interne de Fatima oscillera entre l'idéal du mariage que caresse sa famille et l'émancipation (nommée par l'enseignant d'université qui semble un peu s'incarner par ce milieu universitaire là). L'arrière plan homosexuel que pose Herzi se suffit beaucoup trop à lui même pour définir Fatima.
Et encore une fois, éclipser la relation avec sa famille (à part la scène de fin) et son entourage n'y aide pas du tout.
d'ailleurs Fatima glisse plutôt bien sur la banquise lesbienne dès les premiers dates : elle évolue de parler librement - embrasser sans gêne - coucher - aller en soirée - plan à trois - Pride sans beaucoup d'accroc, pourquoi ? Alors oui il y a quelque mensonges et malaise et la chute et le retour vers l'islam est pas si mauvais, avec l'imam qui tourne autour du pot en rappelant les autres religions abrahamiques à sa cause et le mythe du peuple de Lot, ok mais bon…
Et au final rien. Pourquoi pas, mais avant aussi il n'y avait pas grand chose, donc il n'en ressort rien. Ça donne un film assez poreux, qui enchaîne les péripéties entrecoupées de plans sur le visage de Fatima… Herzi semble avoir la main qui tremble dans la réalisation, mais de quoi as tu peur ? Une bonne partie de ton cinéma démontre que tu sais regarder un tabou en face pour en faire un film, là Fatima est regardée en biais. Va jusqu'au bout ! Merde !
"Il faut que les lesbiennes muslmanes soient représentées au cinéma" bah elles se passeront de toi et c'est bien dommage Hafsia.
Créée
le 4 nov. 2025
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