Une nouvelle preuve de la grande qualité du cinéma scandinave.
Avec « Rêves », premier volet de la Trilogie d’Oslo, Dag Johan Haugerud signe un film d’une parfaite délicatesse sur le vertige du premier amour. Johanne, 17 ans, tombe amoureuse de sa professeure de français et, plutôt que de céder au « drame » comme on ne sait que trop bien le faire chez nous, le film choisit la voie de l’intime : celle de l’écriture, des silences et des regards qui en disent long.
Ce qui frappe, c’est la place centrale du langage. À travers le carnet / livre que tient Johanne, « Rêves » explore la manière dont les mots façonnent les émotions, les amplifient, parfois les transforment. Le désir devient récit, et le récit devient terrain d’émancipation.
Le film déploie aussi une jolie réflexion sur les générations : lorsque la mère et la grand-mère lisent ces pages intimes, c’est toute une chaîne de souvenirs, de frustrations et de désirs enfouis qui refait surface. L’amour adolescent agit alors comme un révélateur, bien au-delà de son propre cadre.
Sans éclats spectaculaires, « Rêves » touche juste. C’est un film qui murmure plus qu’il ne crie et c’est précisément pour cela qu’il reste en tête.