La vie d'un tatoué va bien au-delà de ce que son titre laisse entendre et ne se cantonne pas à un énième film de bagarres au sein du monde des Yakuzas. C'est aussi une évocation historique, celle du Japon de 1925, où ceux qui ont quelque chose à fuir ou à se reprocher voient la Mandchourie lointaine comme un eldorado possible. La chronique sociale a également du sens et la double intrigue sentimentale brille par intermittence, sans s'autoriser une quelconque mièvrerie. Sobre et limpide, le style de Suzuki s'emballe pour un final excitant et virtuose où meurent les illusions mais pas l'espoir.