Drôle, grave, émouvante, quelle belle rencontre entre ces musiciens égyptiens comme tombés du ciel et cette petite communauté juive ravie de ce passage inespéré dans leur bourgade où l'ennui le dispute à la solitude et la grisaille quotidienne !
Une fanfare emmenée par Toufik : Sasson Gabai, sa maladresse et sa gaucherie touchantes, ses regards en coin gênés, admiratifs mais toujours délicats et pudiques quand ils se posent sur Ronit Elkabetz, la belle, libre et sensuelle Dina qui derrière son sourire éclatant cache la générosité d'une belle âme.
Des êtres avec la même tendresse, les mêmes désirs, et qu'importe alors qu'ils soient Egyptiens ou Israéliens : superbe scène à cet égard où le beau gosse de la Fanfare, décrit en arabe au jeune Juif inexpérimenté qui boit ses paroles en les devinant, ce qu'est faire l'amour.
Un film tout en nuances, teinté d'humour et d'une subtile mélancolie, qui révèle les êtres plus qu'il ne les dévoile , et surtout une formidable leçon d'espoir.