Chaque année, dans l'avalanche médiocre des sorties de la plateforme, t'as un film Netflix totalement tête à claques. En 2023, c'était "Unfrosted : L'Épopée de la Pop-Tart", en 2024, c'était "Happy Gilmore 2" (sans doute le pire du pire à tous les niveaux) et maintenant "Ladies First". Étrangement tous ces films ont pour point commun de ressembler à des rebuts de studios de ce qui se faisait en matière de comédie dans les années 90 et au début des années 2000.
Ladies First est vendu comme une comédie, mais ressemble davantage à un exposé situationnel PowerPoint sur les disparités hommes-femmes dans le monde du travail et dans la société en général. L'ensemble des ressorts humoristiques repose sur l'inversion des rôles et n'est guère plus drôle ou recherché qu'un clip issu d'un talk-show féminin présenté par Faustine Bollaert, Sophie Davant ou Daphné Bürki. L'avantage des clips de ce genre d'émission c'est qu'ils ne durent que deux ou trois minutes à tout casser. Ladies First, lui, rabâche la même blague durant 90 minutes. C'est long et ça devient pénible à partir de la 19ème minute approximativement. Ça pourrait être marrant avec un minimum d'efforts d'écriture, mais là on a vraiment l'impression que la réalisatrice a demandé à ChatGPT de s'occuper des répliques.
Un autre souci majeur est le traitement de l'inversion des rôles. Pourquoi dans cet univers parallèle les hommes sont-ils efféminés ? Bah tout simplement, parce que dans la tête de certaines personnes (entendez le spectateur bas de plafond cible prioritaire de de Netflix), voir des hommes se comporter en femmes c'est l'Everest de la rigolade. Le hic c'est que ça véhicule une certaine misogynie (voire homophobie) puisque ce style d'humour prend sa source dans des représentations stéréotypées. Plutôt gênant pour une œuvre se réclamant "féministe" et "progressiste".
Dernier point noir : Sacha Baron Cohen. On dirait que le mec a été remplacé par un des extraterrestres de l'invasion des profanateurs de sépultures. Une interprétation monolithique au possible.
En conclusion, si vous n'avez rien à faire un dimanche après-midi pluvieux, il vaut encore mieux revoir Ce que veulent les femmes avec Mel Gibson.
PS : Désolé à Bienvenue à Gattaca pour le détournement de son titre.