Ladies First
4.9
Ladies First

Film de Thea Sharrock (2026)

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J'étais un peu sceptique j'avoue, mais Sacha qui revient à la comédie, j'espérais qu'il aurait un personnage bien assumé comme dans ses chefs d'œuvres.


Et bien ça commence bien, de façon très radicale. La représentation des hommes et des femmes est très cliché. Et puis ça bascule. Et on garde ces clichés et c'est fou ce que ça marche. Ça marche au point de faire réagir ; par exemple, en voyant des BG traînant comme ça au bar, je me suis dit que les auteurs avaient vraiment pas d'imagination pour juste mettre deux mecs là pour le gag... et puis je me suis souvenu le début à la piscine, des nanas qui sont juste là à attendre sur un transat que les mecs viennent leur parler. Et puis j'ai repensé à tous les films (pas compliqué 92% des productions occidentales*) où on voit des nanas qui sont juste là, sexy, à attendre qu'on leur parle ; c'est tellement normalisé qu'on ne le remarque plus. Puis dans l'imitation des hommes par les femmes on se dit aussi par moment que non, c'est exagéré, c'est une attaque facile, avant de se rendre compte que non, les auteurs ont été équitables et attaquent vraiment les deux clichés sans rien omettre du patriarcat. L'on trouve des détails amusants d'ailleurs, genre le nom des magasins mais aussi les magazines qui ne comportent en couverture que des mecs à moitié à poil. Le remplacement du mot hystérique, du reproche des périodes, ... c'est hyper malin.


Et là où ça se vautre c'est à la fin. Je me demande si la prod ne serait pas intervenue, parce que la fin est abrupte : d'un coup, les deux personnages s'aiment et se respectent, la bienveillance et la confiance sont vite rétablies. Mais le pire, c'est que l'auteure a décidé de donner la clé du succès... à l'homme. Critiquer le patriarcat et dire que c'est au mec que revient la responsabilité de faire changer les choses c'est... comment dire... un peu contre-productif. Je ne pense pas qu'un renversement de pouvoir uniquement par le biais de la femme aurait été une meilleure chose, mais clairement ce fait était nécessaire pour que le personnage masculin comprenne et qu'ensuite le changement vienne des deux. Par exemple, il nomme la femme comme étant son équivalent, ils prennent alors les décisions à deux, et elle propose des changements qui feront grincer le mec au début parce qu'il n'a pas encore l'habitude. Au lieu de ça, on a un mec qui, avec son pouvoir, va élever des femmes. Mais elles restent donc tributaires de lui ! Et ça c'est pas vraiment de l'égalité. Parce que si demain il se recogne la tête et débarque dans un monde super masculiniste et qu'il se fait endoctriner, alors que se passera-t-il ?


Ce n'est pas le seul problème de la fin, ça manque aussi un peu d'humour c'est trop gentil, moins grinçant. Clairement, les auteurs se défoulent quand ils peuvent exploiter tous ces personnages dans ce miroir grossissant de notre réalité. Quand ils veulent résoudre les conflits, ça devient trop gentil, trop plat, moins surprenant, trop facile.


Ce qui est dommage aussi, c'est qu'on ne profite pas tellement des idées géniales de ces deux rivaux. Ils se déclarent chacun meilleur.e l'un.e que l'autre mais au final on ne voit rien de tout ça (une idée pour la même scène qui est ensuite reprise à l'envers dans l'autre monde, c'est tout) ; fallait pas forcément écrire de vraies idées géniales, vu le ton décalé, il suffisait de poursuivre dans la veine sexiste et délirante avec le mec qui parvient à adopter le point de vue des femmes sexistes pour se vendre. Parce là, chaque fois que l'un ou l'une veut commencer son speech, l'auteure l'interrompt d'une façon ou d'une autre.


La mise en scène est sympa : un découpage assez sobre, voire convenu, un montage fluide et dynamique mais convenu aussi. Par contre un soin apporté aux détails : accessoires, lieux, costumes, coiffures. Tout cela est épatant, et toute l'équipe a dû bien s'amuser à réfléchir à tout ça. Les acteurs sont tous très bons, dans les deux registres (vu qu'ils on tous un rôle double).


Bref, ça se regarde bien, on se marre, juste la fin qui est un peu mollassonne.


*chiffre inventé mais certainement pas très loin de la vérité

Fatpooper
6
Écrit par

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le 22 août 2026

Critique lue 8 fois

Fatpooper

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