C'est un dispositif minimal qui préside aux quatre heures du Chagrin et la pitié. on y interview des personnes ayant vécu l'occupation, d'anciens résistants comme d'anciens collabos, en entrecoupant le tout d'images d'archive.
Mais cela rend justement le résultat passionnant : car sur une telle durée et sans afféterie, cela permet d'aller au fond du sujet, d'autant que Marcel Ophüls sait orienter à sa convenance les discussions.
Et sa quête de la vérité, qui lui vaudra une interdiction, n'empêche pas le film d'être tout à fait humain, nous présentant les portraits contrastés de ceux qui doivent survivre dans la tourmente. On peut toujours les juger : qui sait si on ne serait pas des leurs dans une situation analogue?
On voit beaucoup de documentaires aujourd'hui qui sont plus clinquants, et généralement on perd en contenu ce qu'on gagne en mise en scène.
Finalement, le format sobre est parfait, marque mieux les mémoires, puisqu'on se concentre sur l'essentiel.
L'essentiel étant la chronique d'une occupation et d'une collaboration. Sauf que, tout la France n'avait-elle pas été résistante?
Le film doit être dans l'erreur, donc...
Plus le temps passe, et plus ce genre de document devient précieux. On peut mesurer en quoi il fait écho à l'actualité.
1969, c'était hier.
Ou bien est-ce toujours aujourd'hui?