Film d’une simplicité assez rare. Je ne tiens pas à vouloir raconter le récit car je pense que chacun peut le comprendre à sa manière. Mais je tenais à m’attarder sur un certain point qui est sa forme.
Étirement des scènes. Écoulement laminaire du temps. Chaque scène dure et profite du creux, signe d’une « introspection » et d’un choix difficile. Les plans ne sont composés que d’un paysage aride. Pas de champs/contre champs, la caméra ne fait qu’un suivi de la voiture et se fractionne quand les personnages parlent entre eux. Et c’est cette chose dont je veux parler, cette simplicité, qu'est-ce qui se voit.
Par ce que certes on parle d’une sujet tabou en Iran (qui est le suicide), mais l’important réside justement de ce creux permanent. Seulement des dialogues fonctionnelles (même si je pense qu’ils font néanmoins avancer l’intrigue), Kiarostami s’inscrit probablement dans cette lignée de cinéastes modernes, enfant de Antonioni entre autre. Ici l’image temps, on se mue dans l’introspection du personnage.
Pourtant la pertinence des dialogues me ferait dire l’inverse. Le soldat, puis le religieux puis l’Homme, chacun amène sa réflexion à l’écran et fait progresser le choix d’un homme qui doute à quitter la vie. Du peu de choses qui se passent, chaque mot prend son importance car le reste n’est que platonique (attention pas ici un reproche).
Et c’est là où j’en viens à cette simplicité. Ce film rend le cinéma moderne simple, la réflexion du cinéaste étant à porter de bras tant le reste est épuré. Nous ne sommes pas dans l’incommunicabilité ni dans le cinéma intello, mais bien dans un récit d’auteur. Néanmoins il faut changer son regard: même si le film respecte son spectateur, il ne l’invite pas non plus et c’est à lui de se conformer. On tombe sur un noyau dur, quelque chose de purement substantiel qui provoque chez le spectateur de la fascination, ou de l’ennui.
Je finis par une note plus personnel, il est vrai que pendant mon visionnage je me suis endormi. Endormissement peut être justifié quelque fois, il est important (et je dis ça pour moi) d’être dans le film, de se laisser transporter dans l’image et le récit, car Kiarostami part d’une thèse pourtant assez simple, et l’amène à un grand cinéma.
Encore une fois, le cinéma est un langage.