Film oublié et méconnu en France du polyvalent Ron Howard, "The Paper" constitue pourtant un bon petit divertissement, décrivant la folle journée des journalistes d'un quotidien new-yorkais.
S'appuyant sur un scénario bien fichu de David Koepp, les deux premiers tiers du film sont même de très bonne facture, avant que la dernière partie ne dévoile trop nettement les intentions grand public de cette production hollywoodienne, basculant soudain dans l'hystérie, les invraisemblances et le politiquement correct.
Pendant plus d'une heure, on assiste donc au quotidien animé de cette petite équipe de journaleux, menée par Michael Keaton, rédacteur en quête de scoop, au point de négliger quelque peu sa collègue et surtout épouse (Marisa Tomei), en congé maternité.
Leur némésis sur place est campée par Glenn Close, directrice financière du journal, plus intéressée par la rentabilité que par la course à l'info.
Chargé d'arbitré leurs conflits, Robert Duvall incarne le rédacteur en chef compétent et un brin cynique, qui connaît de gros soucis d'ordre privé. Le comédien se révèle excellent comme souvent, apportant une belle épaisseur à son rôle.
Tout le contraire de Randy Quaid, personnage grotesque qui m'aura saoulé du début à la fin, pseudo comic relief préfigurant la tournure grand public à venir dans le dernier acte...
Même si cette ultime demi-heure laisse sur une impression très mitigée, ce virage malvenu ne doit pas annihiler complètement tout ce qui a précédé. On aura notamment apprécié l'efficacité de la réalisation, Ron Howard parvenant à mettre en scène le mouvement perpétuel de cette ruche qu'est la rédaction d'un quotidien, avec diverses séquences de walk and talk façon "Les hommes du président" (avec d'ailleurs un caméo de Jason Robards).
On aura ainsi droit à des dialogues enlevés, émaillés de quelques punchlines percutantes (restitution approximative de l'échange en anglais) :
- "Vous voulez pas vous calmer sur la clope? Le docteur dit que j'ai de la nicotine dans mes urines"
- "Eh bien t'as qu'à enlever ta bite de mon cendrier..."