L’artificialité de The Paper tient à l’effervescence programmée qui déborde sans cesse des bureaux, l’un demandant un renseignement, l’autre se montrant agressif, l’épouse déboulant en pleine réunion de crise ; on ressent bien l’intention de remplissage et de fièvre, mais l’intention reste ce qu’elle est et ne mute jamais en ivresse esthétique comme l’a si bien fait Steven Spielberg dans son monumental The Post.
Nous reprocherons également au long métrage de Ron Howard son regard porté sur la gent féminine, assez dégradant compte tenu des rôles interprétés, tantôt une puissante sans le sou qui ne comprend pas l’humour de l’homme qu’elle essaie de séduire (jusqu’aux toilettes pour messieurs), tantôt une stagiaire qui ne sait pas utiliser un appareil photo, tantôt ladite épouse qui interfère avec le scoop. Les femmes ne sont que fonctionnelles : elles permettent des bascules scénaristiques, elles injectent à l’ensemble un peu de drame et de sentiments, elles ne disposent d’aucune profondeur, d’aucune personnalité.
Le dernier défaut à trouver à The Paper tient à l’enquête qu’il ne représente jamais : les journalistes s’agitent, font des blagues vaseuses et se bousculent sans que le fait divers qui pourtant les occupe ne gagne le devant de la scène. Le journal comme le film en sortent opportunistes, relevés par une acclamation finale indigne et facile dans la chambre d’hôpital. Une production dispensable.