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le 13 mai 2014
SuivrePoème Visuel
Surtout connu pour ses faramineuses reconstitutions historique, D. W. Griffith prouvait régulièrement qu'il était capable de mettre en scène de jolies et touchants mélodrames, comme peut en témoigner...
''Brocken blossoms'' – 1919 de Griffith est du théâtre filmé, qui, sauf quelques gros plans spectaculaires, n'est guère plus mature que les araignées de Lang à la même époque.
Ce lys brisé est un mélodrame du lointain que le prochain rend grotesque. En jeune fille battue, Lillian Gish ressemble à une petite vieille courbée avançant à pas comptés, et sa panique dans le placard est devenue comique à cent ans de distance. Caucasien grimé en ''yellow man'', Richard Barthelmess ne joue pas mais pose, pathétique, en jeune homme sage d'une sagesse exotique et opioïde.
Il faut se rappeler que, quel que soit le prétexte narratif, l'apparition de ces fantômes de lumière animés devait suffire à ravir le public, l'illusionnisme technologique commençait son oeuvre de manipulation à grande échelle.
Si l'on compare le cinéma d'alors à d'autres formes – littérature, arts plastiques, architecture... – ce qui étonne c'est l'immaturité du fond qui accompagnait à l'époque les tâtonnements expressifs de ce nouveau média. La seule explication semble être que ces réalisateurs en devenir n'étaient encore que de simples techniciens bricoleurs, le cinématographe n'étant pas un "art" mais un divertissement de foire.
A comparer de nos jours avec les développeurs de jeux vidéo qui ne prétendent pas faire de l'art... mais qui sait dans un siècle comment sera perçue leur production ?
Créée
le 13 nov. 2025
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