Le Film d'Olivier Assayas tombe pile poil pour nous remémorer voire carrément nous instruire sur la Gouvernance de la Russie, depuis la perestroïka souhaitée par Mikhaïl Gorbatchev.
Le scénario nous renvoie à la toute fin de 80', dans une Russie sortant de la guerre froide & de la main de fer de Brejnev, qui se lâche totalement pour goûter absolument à tout, avec une sacrée voracité.
Argent facile via magouilles énormes ~ Fortunes & Empires industriels qui se montent en quelques mois, avec les bons appuis et bien évidemment la glasnost, et cette ouverture totale vers un Occident, si éblouissant !
Arrive ensuite Boris Eltsine qui ne fera qu'accélerer cette la lame de fond : lâcher les Fauves !
vladimir poutine (Jude Law assez étonnant) lui ne pointe son nez qu'au bout de 40 mn de film, presque sur la pointe des pieds, pas trop certain de l'avenir - de sa propre destinée . . .
Car le personnage principal de ce film est bien ce Vadim Baranov [inspiré de Vladislav Sourkov], pas plus mage que vous & moi, mais plutôt démerdard - très pragmatique & bigrement intuitif, sentant le vent tourner bien avant les autres, quitte à lui-même essayer de modifier la météo.
Le film est vif et passionnant, avec ses intrigues - ses alliances - ses manipulations constantes - ses trahisons & belles saloperies, en suivant l'inévitable métamorphose d'un poutine, de plus en plus autocrate.
Paul Dano campe formidablement un type cultivé & intelligent, qui sentira bientôt le train de l'Histoire dont il pensait maitriser le parcours & l'horaire, s'emballer inéluctablement aux mains de son macabre conducteur "vlad".
Tout bien en place - maitrisé et didactique, sans esbroufe.
O. Assayas & E. Carrère nous livrent une très importante page d'histoire contemporaine et nous donnent quelques ficelles permettant de mieux appréhender pourquoi nous en sommes finalement arriver là . . .