Il aurait fallu un cinéaste d'une autre trempe qu'Assayas pour vraiment lier la forme au passionnant propos, et ainsi transmettre le chaos et l’ambiguïté du personnage et de l'histoire de la Russie actuelle. Ici tout est à la fois long (2h30) et infiniment rushé dans l'évolution de ce conseiller que le jeu lisse et détaché de Dano rend hélas trop désincarné. Avec sa voix off systématique et son chapitrage programmatique, on a parfois l'impression qu'on nous lit le roman d'origine face cam. Le résultat est un opulent téléfilm, intéressant sur le fond mais tellement lisse et mécanique qu'on a l'impression d'être devant une collection de scénettes wikipediesque qui auraient pu être réalisées comme une mini série pour Netflix. Mention spéciale à Jude Law extraordinaire en Vladimir Poutine.