Le Temps d'aimer et le Temps de mourir par Alligator
Mélodrame somme toute peu inspirant.
Je vois bien quelques points à souligner tout de même.
D'abord l'extraordinaire déploiement de moyens pour un mélodrame. Les plans séquences de guerre, de bombardements des villes, la richesse des détails dans les décors, le soin pris à créer du juste dans le moindre recoin ne manque pas d'étonner. Nombreux sont les films de guerre qui ne sont pas parvenus à atteindre ces degrés d'exactitude et de réalisme. Aussi pour un film dont le sujet essentiel est ailleurs, cela laisse le spectateur pantois d'admiration.
D'autre part, j'aurais envie également d'applaudir la prestation de Liselotte Pulver. Il est vrai qu'il n'est pas difficile de paraître vivant à côté de cet impassible et fade John Gavin, doué de deux soulèvements de sourcils et handicapé par un étrange torticolis ou bien s'agit-il d'un balai mal rangé? Quoiqu'il en soit, elle est un frais et salvateur souffle de vie dans ce film.
Sinon sans pour autant parler d'ennui, je ne sais pas bien où voulaient en venir les trois auteurs (Sirk, Jannings et Remarque). Je ne sais si la prestation désastreuse de Gavin y est pour beaucoup dans mon appréciation, mais je suis loin d'avoir été emballé par la destinée de ces personnages. Finalement, ils ne sont ni intéressants, ni sympathiques : par où les prendre, si j'ose dire?