Le vent se lève est, comme toujours avec Miyazaki et le studio Ghibli, un émerveillement visuel. C’est un film d’une beauté rare, presque picturale, où chaque plan pourrait être un tableau. Cette intensité esthétique en fait une œuvre magistrale, un véritable chef-d’œuvre. Pourtant, face à ce film très tourné vers la rêverie et l’observation intérieure, j’ai ressenti quelque chose de plus inattendu: de la lassitude. J’ai eu l’impression de regarder sans parvenir à entrer pleinement dans ce que je voyais, comme si quelque chose m’échappait. Peut-être suis-je passée à côté d’une dimension essentielle?
De manière générale, je suis peu touchée par les récits qui s’articulent autour de la progression intime d’un seul protagoniste, que l’on accompagne pas à pas dans son cheminement. L’univers de l’aviation, au cœur du film, ne fait d’ailleurs pas partie de mes centres d’intérêt; sans le fantastique, cette signature propre à Miyazaki (ici plus feutrée que dans d'autres de ses œuvres foisonnantes) j’aurais peut-être décroché plus vite.
C’est réellement lorsque l’histoire d’amour se déploie que le film a commencé à m’emporter, chose qui ne m’était pas arrivée lors de mon tout premier visionnage, enfant, au cinéma. Cette relation est touchante, profondément douce, même si j’y ai parfois perçu un aspect presque mécanique, sans doute parce qu’elle reflète les normes sociales et le contexte historique des personnages. Quoi qu’il en soit, c’est cette dimension qui m’a ré-ouverte au récit, qui lui a donné pour moi une chaleur nouvelle.
En définitive, je me suis ennuyée pendant une bonne partie du début, j’ai été véritablement touchée lorsque l’amour a pris place, et j’ai fini en larmes, inévitablement. C'est un film splendide, peut-être même, trop splendide pour moi, et c’est peut-être là que réside tout le paradoxe de mon expérience: être bouleversée par une œuvre dont une grande partie m’a pourtant laissée à distance.