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Dans Les Bad Guys 2, suite directe du premier opus d’animation signé Pierre Perifel, le ton est donné d’entrée : tout le monde veut une seconde chance, surtout ceux qui n’en méritent plus. Nos anciens super-méchants — Loup, Serpent, Requin, Tarantule et Piranha — s’essaient à la vie rangée. Mais la société, elle, n’oublie rien, et surtout pas les gènes. Alors les voilà embarqués, malgré eux (ou pas tant que ça), dans un « dernier casse », comme si la rédemption passait forcément par une rechute bien orchestrée.
Il y a ici un art du pastiche assumé, un détournement vif des codes du film de braquage façon Ocean’s Eleven, mâtiné d’un humour potache à hauteur d’enfant, mais assez subversif pour titiller l’adulte fatigué. Le scénario se permet des échappées méta, à peine masquées : quand Loup (doublé avec aplomb par Pierre Niney) tente d’expliquer sa nouvelle philosophie de vie, c’est comme si la franchise elle-même essayait de se convaincre de son évolution. Spoiler : elle n’a pas changé. Et tant mieux.
Derrière l’animation léchée et le rythme effréné, Les Bad Guys 2 fonctionne comme un miroir désenchanté de notre époque. Ce ne sont plus des héros à la marge, mais des citoyens intégrés malgré eux, rattrapés par une société qui recycle jusqu’aux regrets. Le film joue habilement avec les archétypes de genre : Requin devient la mascotte molle du groupe, Tarantule prend des allures de hackeuse post-MeToo, et Serpent continue de trahir tout le monde, sauf lui-même.
Le twist malin ? Une équipe rivale 100 % féminine, qui vole la vedette sans subtilité mais avec style. Là encore, Les Bad Guys 2 ne cherche pas la nuance : il fonce tête baissée dans le politiquement spectaculaire. On rit, certes, mais d’un rire un peu nerveux, celui qui accompagne les courses-poursuites de notre époque : toujours plus vite, toujours plus bruyant, mais jamais vraiment libre.
La VF fait le job : Pierre Niney, Igor Gotesman, Doully Millet et Jean-Pascal Zadi insufflent à leurs personnages une légèreté pop qui contraste avec le cynisme du monde qu’ils arpentent. Pas besoin de morale ici, juste une bonne dose d’adrénaline, de sarcasmes et de clins d’œil appuyés. Note de 14 sur 20.
Les Bad Guys 2 n’est ni une révolution, ni une redite stérile. C’est un exercice de style, bancal et brillant à la fois, une pirouette animée qui confirme que même les plus grands méchants restent, au fond, les plus humains.