Tout comme chez Bresson la mise en scène passe par le corps (le geste contre la neutralité des voix), ici ce sont les métamorphoses des visages qui sont le film. Comment éclairer Cary Grant de façon qu'on ne le reconnaisse à peine lorsqu'il annonce à Ingrid Bergman sa mission et comment saisir les mille nuances de son visage selon les états psychologiques du personnage. Elle change de toilette et donc de rôle, comme toutes les femmes hitchcockiennes, comme la lumière la sculpte selon l'évolution du récit. A part Bergman, je connais peu de cinéastes qui ont cette force.